Petit guide de voyage à Pop Montréal

Une programmation sous le signe de la diversité pour les 18 ans du festival.

Le festival Pop Montréal a 18 ans cette année, véritable record de longévité pour un événement qui se distingue en défendant vigoureusement autant son indépendance que sa curiosité. Pour souligner sa majorité, la bande de Dan Seligman s’offre une programmation très diversifiée ; en plus de têtes d’affiche impressionnantes (Nick Cave, Weyes Blood, Laurie Anderson, Aldous Harding), on pourrait décider de passer la semaine à Pop et voir que du hip-hop féminin, des artistes francophones (!), des punks vêtus de noir ou même se construire un parcours d’artistes queer.

En parcourant la programmation de cette édition, j’ai été frappé par la grande variété d’artistes internationaux qu’on y retrouve. Disons que ça arrive de partout et ça revole pas mal.

En voici donc quelques-uns triés sur le volet, afin de voyager sans émettre de carbone.

KOKOKO!

KOKOKO! est un collectif de musiciens et d’artistes formés à Kinshasa en République Démocratique du Congo qui donne un nouveau souffle à la musique électronique sans électricité, avec des instruments faits à la main à base d’objets récupérés. Une proposition radicale et contagieuse, à la limite du cyberpunk, qui foule le sol canadien pour la première fois. 

25 sept. au Piccolo Rialto à 23 h.

Shonen Knife

Voici un groupe pop punk féminin culte formé en 1981 à Osaka au Japon qui se dit inspiré autant par les Beach Boys que par les Ramones. Avec 16 albums de chansons qui traitent le plus souvent de bonbons et d’animaux cutes et ainsi qu’un fanbase mondial comptant les membres de Sonic Youth, c’est une vraie curiosité à découvrir.

26 sept. au Ministère, 20 h 30.

Tinariwen

Ah oui : le plus célèbre collectif de « desert blues » touareg au monde est aussi à Pop.

27 sept. au Métropolis (MTELUS), 20 h.

47Soul

Groupe formé de la rencontre sur internet d’artistes issus de la diaspora palestinienne, installés de la Jordanie à Washington en passant par Jaffa et Ramallah, 47Soul crée du gros beat en mêlant électro, rock, hip-hop et musique traditionnelle pour combattre la division et célébrer les luttes pour l’égalité. Mes collègues les ont d’ailleurs interviewés lors de leur dernier passage à Montréal.

28 sept., La Sala Rossa, 20 h 30.

Jess Sah Bi & Peter One

De la visite rare, c’est le moins qu’on puisse dire ! En 1985, le caricaturiste Jess Sah Bi et l’étudiant en histoire Peter One ont enregistré à Abidjan en Côte d’Ivoire Our Garden Needs Its Flowers, un album country-folk engagé et brillant inspiré de l’americana des seventies. Profitant de la réédition du disque culte introuvable depuis plusieurs décennies, le duo offrira à Montréal une (très) rare performance.

28 sept. au Rialto Hall, 21 h 30.

Teto Preto

Teto Preto, c’est absolument tout ce que le président ultraconservateur de leur Brésil natal hait : des intellectuels, des homosexuels, des féministes et des activistes radicaux de toutes les couleurs qui se réunissent pour créer un carnaval de rituels subversifs et enragés. Chacune des performances du collectif électro-organique se veut un acte de résistance et d’amour directement issu de l’underground d’un pays en feu.

Juste ça.

28 sept. au Piccolo Rialto, 23 h 30.

Bien sûr, cette trop courte liste ne représente qu’une fraction de la programmation de Pop Montréal, qui compte cette année encore plus de 300 groupes.

C’est avant tout un festival de découvertes, et la meilleure manière de l’apprécier reste d’oser s’enfoncer dans une salle au hasard pour se laisser happer par quelque chose de neuf et d’audacieux.

La ville est en musique jusqu’à dimanche.

Niaise pas.

Programmation complète ici.

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