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Plaidoyer pour que le Rockfest ne meure pas tout de suite

Ni mes chevilles ni le festival ne se sont encore remis de l'édition 2018…

L’édition 2018 du Rockfest de Montebello n’aura pas été la plus facile et je dis pas ça parce que j’ai fini à l’hôpital pendant 4 jours suite à mon passage dans la Petite-Nation. C’est qu’en fait cette édition pourrait bien être la dernière ever. Ben oui, le Rockfest s’apprête à déclarer faillite, moins d’une semaine après le départ de Weezer et de ses covers de marde. Mais ça adonne que je l’aime bien, ce rassemblement annuel de mottés, et que j’ai décidé de lui rendre hommage, en espérant que ce soit pas un dernier hommage.

Moi, j’y ai eu ben du fun, au Rockfest 2018. Bon, c’est vrai que la prog était somme toute décevante cette année. Quand tes trois têtes d’affiche sont un band de covers, un band de métal douche pis des hasbeen de l’alternatif, ça part mal. Le show que j’avais le plus hâte de voir de la fin de semaine, soit celui de Tenacious D, était aussi somme toute mauvais, avec un son que je qualifierais respectueusement de « à chier ». Mais comme d’habitude, ce sont les underdogs qui ont sauvé la mise! Ajoutez à cela une diminution de l’offre de spectacles, le retrait de deux des cinq stages et l’absence surprenante d’écrans de projection pour mieux voir les shows et vous vous retrouvez avec un résultat qui peut décevoir. Et ce même si personne n’a payé ses passes, semblerait-il…

Mais la beauté du Rockfest, ce n’est pas que la musique ou le festival en tant que tel. Sans vouloir tomber dans les clichés, je dois néanmoins affirmer que je choisis souvent mes festivals préférés presque autant pour l’emplacement et les gens derrière leur tenue, que leur offre musicale à proprement parler. Ayant l’avantage de pas payer mes passes nulle part, je peux me permettre de voyager relax et d’apprécier ce qui se passe autour des shows. Ce qui fait que j’aime bien Montebello. La petite ville, située sur le bord de la rivière des Outaouais, accueille pas loin de 200 000 épais chaque année et réussit tout de même à garder le sourire et à se dévouer pour une même cause. Je trouve ça quand même beau. Les gens restent sympathiques même si y’a de la musique non-stop la nuit dans les campings et que la circulation en voiture est quasi-impossible. C’est pas à Montréal que tu verrais ça, mettons. Et c’est surtout pas chez nous que les policiers feraient des jokes avec du monde qui boivent de la bière et consomment diverses substances en pleine rue…

Si vous n’êtes jamais allé au festival, je vous invite à lire la suite de mon plaidoyer en trois trois aspects à propos de l’édition 2018 du Rockfest, soit les héros obscurs qui permettent de près ou de loin la survie de l’organisme, les cinq meilleurs shows que j’y ai vus la semaine dernière et finalement les 10 citations les plus savoureuses que j’ai réussi à ne pas oublier malgré l’impressionnante quantité de drinks que j’ai bue dans la fin de semaine. #32PalmBays En souhaitant que le plus gros festival au Canada soit de retour l’an prochain!

Le Rockfest en 3 personnes

JP, chez qui je logeais : c’est l’un des très nombreux habitants de Montebello à transformer son terrain en camping durant le festival. Il doit chaque année louer une batch de toilettes chimiques et une douche pour permettre à tout le monde de survivre tant bien que mal pendant trois nuitées et mettre sur pied un astucieux système de récupération des déchets. Il m’a en effet confié vendre des dizaines de sacs de canettes 12 $ chaque à une femme qui va les trier, puis les revendre en Ontario, où les consignes sont plus élevées qu’au Québec, faisant souvent une dizaine de dollars de profit par sac. Comme quoi, c’est pas juste payant pour les commerçants le Rockfest.

Michaël, un vendeur de bières : je pense que c’est son nom en fait, mais je ne suis plus trop sûr. Faut dire que je lui ai beaucoup acheté de stock jeudi soir… Michaël en était à son septième Rockfest d’affilée, sans toutefois s’être encore tanné. Le secret de cette longévité? L’occasion en or de voir plein de bands qu’il aime gratuitement et des tips souvent généreux de festivaliers un peu trop sur la brosse. La job n’est toutefois pas de tout repos : les vendeurs doivent passer de longues journées au soleil, faire attention aux moshpits inopinés et ainsi qu’aux voleurs. Pas longtemps avant que je lui parle, Michaël venait de faire face à une tentative de vol de bières par un gars monté sur les épaules de son ami.

Un infirmier, dont je n’ai malheureusement jamais su le nom : je me suis pas pire blessé durant la fin de semaine, mais c’était pas ma pire blessure. L’équipe médicale présente sur le site doit savoir réagir rapidement, dans des circonstances souvent stressantes et où l’espace manque toujours un peu. Lors de mon passage à la tente médicale, je vois quelques personnes atteintes d’insolation et de blessures aux chevilles et aux jambes, victimes de moshpit trop intenses. Mais l’équipe doit aussi savoir composer avec le fléau du Fentanyl depuis l’an dernier et s’en tire très bien, soutenue dans cette tâche par le GRIP, présent sur le site du festival cette année. Mon infirmier me raconte tout ça en auscultant ma cheville, avant de me recommander de passer des radiographies et de m’acheter des « ‘vrais souliers »’. C’est noté.

Le Rockfest en 5 shows

Cannibal Corpse, des vieux routiers du brutal death metal, ont absolument tout détruit durant l’une des performances les plus violentes de la fin de semaine. Faut dire qu’avec des tounes comme I Cum Blood ou Hammer Smashed Face, le potentiel de kicker des culs est assez fort.

— La troupe metalcore californienne Suicide Silence aura fait l’unanimité auprès des personnes que j’aurai consultées : c’est de loin l’une des meilleures prestations de la fin de semaine. Avec un son lourd à l’extrême, des transitions maîtrisées et un moshpit violent comme il s’en fait plus, le rock était au rendez-vous.

— J’ai découvert que je suis finalement un fan de metalcore en show en fin de semaine parce que j’ai aussi pas mal trippé sur la prestation de Every Time I Die, qui ont offert une performance presque sans erreurs au public malheureusement un peu clairsemé qui leur faisait face.

— Y’a souvent des shows qui sont bons parce qu’ils sont too much ou vraiment épais au Rockfest, mais cette année, y’avait au moins les Montréalais Beyond Creation pour rendre le tout un peu plus intellectuel. Avec une production métal influencée par le prog et le jazz, le QI général a plafonné pendant une heure d’incompréhension du mélomane toebat moyen. À noter que j’haïs les instruments headless par contre.

— Il fallait finalement au moins un band de punk juvénile dans le lot pour bien compléter cette liste et j’ai décidé d’y aller avec Millencolin, même si Sum-41 était assez solide également. Le plus gros avantage des premiers est d’avoir su lancer la journée de samedi avec brio, juste avant cette atrocité qu’est Mighty Mighty Bosstones.

Le Rockfest en 10 citations

« M’essemble que mon Rev est vraiment moins bon quand y’a pas deux MD dedans… » — Un fin palais

« La prochaine fois, tu t’achèteras des vrais souliers comme tout le monde. » — Un infirmier compatissant

« Je sais pas j’ai vu combien de boules aujourd’hui. C’est pire que dans une crémerie, je pense. » — Un sympathique mononcle

« J’ai payé un band 150 $ pour venir jouer sur mon terrain la nuit passée, mais tout le monde s’est plaint qu’ils voulaient dormir. Je comprends pas : on est-tu dans un festival de musique ou pas là? » — Un propriétaire de camping circonspect

« Miam miam, du bon fentanyl! » — La pancarte d’un gars qui se promenait avec des kits de naloxone

« En six ans, j’ai jamais pris une esti de douche au Rockfest. Zéro! » — Un festivalier puant

« I’m old and fat, I can do whatever I want. » -Le chanteur de Cannibal Corpse

« Dans le fond, je dois être une des cinq seules personnes assez connes pour avoir payé sa passe icitte? » — Une des rares festivalières à ne pas avoir gagné son bracelet

« La roulette, c’est câlissement plus le fun à regarder que Weezer! » — Un joueur compulsif

« Prophets of Rage, c’est vraiment pas tant un bon band de covers finalement. Atreyu étaient clairement meilleurs avec leur toune de Bon Jovi. » — Une fille avec des goûts discutables

BONUS! Le Rockfest en images!

Y’en a pas beaucoup, mais ce sont les seules présentables que j’ai retrouvées auprès mes contacts…

Il faut savoir cibler ses qualités dans la vie. / Crédit : Romain Thibaud

L’humour se fait aller à Montebello. / Crédit : Chris Dufresne

De la poudre de riches trouvée par terre ou XXXTentacion est mort pour moins que ça. / Crédit : Romain Thibaud

Mon terrain de camping suite à la tempête du rock. / Crédit : Suzie Veilleux

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