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Polo & Pan : embarquement immédiat

Le duo nous fait une place dans sa Caravelle

Quand on écoute Polo & Pan, on ne sait jamais vraiment vers quelle destination on s’embarque, mais on imagine aisément que le voyage nous portera vers des contrées lointaines et enchantées où des créatures de rêve nous accueilleront sous un soleil de plomb, dans une forêt tropicale ou au bord de l’océan. On a attrapé le duo en plein vol, et avec quelques degrés en moins, lors de leur atterrissage express à Montréal au MTelus il y a quelques jours à peine. 

Vous avez fait 13 dates aux États-Unis récemment (vous êtes à la moitié de votre tournée nord-américaine), comment est le public dans cette partie du monde ? Ressemble-t-il a votre public français ?

 

Polo : Assez différencié d’une ville à l’autre. Dans le Colorado, nous avons aimé l’ambiance assez cool et juvénile. À New York c’était le feu, Las Vegas encore toute autre chose. Puis, on a à la fois participé à des festivals et donné des concerts.

Alex : C’est ça qui est génial aussi, tu arrives dans un pays et tu te rends compte que tout peut arriver. Vu la diversité des villes, on s’est vite rendu compte que ce n’était pas gagné d’avance. Avant chaque représentation, on a toujours cette appréhension, celle de devoir faire le meilleur show mais en se confrontant à des univers totalement pluriels. Parfois, on entend de la retenue, des cris et finalement, dans un sens comme dans l’autre ça ne veut rien dire. Tout peut arriver !

On s’est rendu compte que nous n’avions plus exclusivement un public francophone, mais aussi des Américains. Ils sont plus énergiques, plus toniques dans la langue. J’adore !

Que retenez-vous de ces 13 concerts au pays de l’Oncle Sam ? 

Polo : On s’est rendu compte que nous n’avions plus exclusivement un public francophone, mais aussi des Américains. Ils sont plus énergiques, plus toniques dans la langue. J’adore !

Alex : Oui, c’est une grande fierté pour Polo qui est Franco-Américain. C’est un retour à une culture qu’il connait bien et qu’il affectionne particulièrement. Puis, avoir au fur et à mesure un public étranger nous a fait prendre conscience que notre musique dépasse les frontières.

Igloofest, les Francos, ce n’est pas votre première fois à Montréal, qu’est-ce qui vous lie à la scène québécoise ? Connaissez-vous quelques artistes québécois ? 

  

Polo : On est copains avec le Couleur. On échange souvent avec eux sur nos univers musicaux.

Alex : Plus généralement, ce sont les liens humains que nous avons tissés ici qui m’ont marqué. Un mélange très suave entre la bienveillance et l’audace. Les interactions se font très facilement. C’est agréable.

 

Vous avez baptisé votre tournée, la Caravelle, comme votre album. Que vous inspire cet engin hybride ?

Alex : On voulait un concept qui aille avec l’idée de notre album : aller dans chacune des destinations où l’on trouvait que la musique était intéressante et comme la musique est intéressante partout, on est allé partout. Une caravelle comme c’est un avion, un bateau, une voiture, elle peut aller partout, sur toutes les strates, sur tous les continents. On a ainsi pu rendre hommage à toutes les musiques que l’on aimait.


Polo : On aime le voyage. Nos chansons sont très éclectiques. La Caravelle ça permettait de tout englober et ça s’accorde parfaitement avec l’idée d’une tournée. Notre bus, c’est notre caravelle actuellement.

Alex : On changé notre manière de faire. À l’origine, on pensait à des destinations pour imaginer des morceaux qui leur rendent hommage et puis finalement les destinations sont devenues des acteurs de notre façon de produire. Avant la Caravelle c’était l’aboutissement d’un album. C’est devenu un mouvement, plus qu’un état. On produit dorénavant dans la Caravelle, dans les avions, les voitures.

 

On a jamais été aussi complices que dans notre laboratoire musical à Paris. On est tous les deux concentrés sur notre production, sans être interrompus par un show le soir. Ça nous permet de prendre le temps, de pouvoir se tromper. On adore être dans cette zone de création pure.

À ce propos, êtes-vous parvenus à écrire de nouveaux morceaux pendant cette tournée en bus ?

Polo : Il y a certaines choses que l’on peut faire et d’autres non. Tous les jours sur la tournée, on retravaille des idées, de nouvelles manières de produire. On a effectivement écrit, mais nous ressentons aussi un besoin de ne pas être cantonnés à la Caravelle, de rentrer chez soi, d’être un peu plus sédentaires et de travailler dans un studio ensemble.

Alex : On a jamais été aussi complices que dans notre laboratoire musical à Paris. On est tous les deux concentrés sur notre production, sans être interrompus par un show le soir. Ça nous permet de prendre le temps, de pouvoir se tromper. On adore être dans cette zone de création pure.

  

Compose-t-on mieux au soleil ou à la neige ? Est-ce qu’il y a une saison qui vous inspire plus que les autres ?

Alex : Déjà quand tu veux faire un morceau qui sorte quand le soleil est au beau fixe, il faut le faire quand il y a la neige (rires). Puis c’est toujours ambigu de composer un morceau en plein hiver en pensant à l’été. C’est pour cela qu’on a sorti Gengis en juillet. L’idée c’est de faire un morceau pendant un processus et de calculer le moins possible. Notre projet est hybride.

Polo : Les saisons intermédiaires, les équinoxes sont des périodes idéales pour travailler. Quand on est dans le creux de l’hiver, t’as trop froid et en plein été, ce n’est jamais le bon moment car on tourne beaucoup.

Alex : L’automne c’est vraiment le meilleur moment pour produire, c’est une époque qui est un peu liée au spleen. Quand tu lis les poètes romantiques, ils sont emprunts d’une certaine nostalgie, c’est un thème qui nous parle assez régulièrement.

Et si ça devait être un moment de la journée, ça serait plutôt le jour où la nuit ?

Polo:  Ça a toujours été le jour, voire le matin tôt.

Jeux de lumière, identité visuelle travaillée, vos concerts s’apparentent à de véritables spectacles, comment les construisez-vous ?

Alex : On a le chance d’être très bien entourés. On fait confiance à des gens très talentueux que ce soit dans la création vidéo (Noémi Ferst et Benjamin Moreau avec qui j’ai co-crée Radiooooo) que dans la création de lumières (Paul Chappet). Nous entretenons tous une relation très complice et c’est très gratifiant.

Polo : Nous parlons beaucoup plus dorénavant durant nos concerts. Nous sommes accompagnés de Victoria, notre sirène qui prend également le micro et danse sur scène.

  

Si vous deviez imaginer un pays à votre image, a quoi ressemblerait-il ?

Polo : Un pays qui n’existe pas, mais qui a quelque chose du Brésil parce que c’est une terre qui nous inspire littéralement alors que nous n’y sommes jamais allés. Nous en rêvons beaucoup, il y a ce « je ne sais quoi » dans la musique, la langue, les plages qui nous captive.

Alex : Le Portugais est extrêmement musical à l’oreille, c’est quelque chose d’étranger, que nous ne comprenons pas, mais qui nous attire comme le chant suave d’une sirène.

Quel est votre passe-temps favori en tournée ?

Alex : On adore se balader. Dans un tour-bus, on ne se couche vraiment pas tard et on se lève tôt car on vit au rythme du soleil.

Polo : On joue aussi beaucoup au poker avec toute l’équipe. C’est l’un de nos petits rituels.

  

Quel genre de « souvenirs », ramenez-vous dans vos valises ?  

Polo : Ça va très vite donc il faut savoir laisser les choses décanter.

Alex : On ramène forcément des souvenirs de façon inconsciente. Si on fait ce type de musique aujourd’hui c’est aussi parce qu’elle est le fruit de tout un tas de souvenirs, une somme assez vertueuse de choses que l’on a vécues, d’où l’utilité de se balader, de rencontrer de nouvelles personnes. « L’imagination c’est la mémoire » disait Picasso. C’est cette petite synthèse un peu folle qui est source de création. 

Quelle est la chanson que vous avez le plus écoutée en 2019 ?

Alex : « My Mama Said » de Abba. C’était notre morceau. On n’a pas arrêté pas de l’écouter. On l’a tellement écouté que l’on écoute plus trop maintenant !

Polo : J’ai aussi beaucoup écouté « The Border » de Nicolas Godin, un des anciens membres du groupe Air.

 

Vous avez annoncé sur vos réseaux sociaux que votre deuxième album était en préparation début octobre, pouvez-vous nous dire un peu plus ?

On est à fond dessus. On travaille beaucoup et on a énormément d’idées. On a aussi multiplié les collaborations.

Aimeriez-vous composer une B.O de film ? Est-ce qu’il y’a un réalisateur qui vous donnerait envie de faire ça ?

Polo : Tim Burton. On adorerait, mais il est déjà pris. On aime les univers fantastiques, tout ce qui est lié à l’enfance donc pourquoi pas Disney.

Alex : On a travaillé avec Vladimir Cosma cette année qui n’est pas un réalisateur de films, mais qui a beaucoup composé pour des films (la Gloire de mon père, la Booum, la Chèvre etc. ndlr). Et on aurait adoré de faire comme lui pour être honnête. Sinon, on aurait rêvé de connaître et composer pour Stanley Kubrick.

Que peut-on vous souhaiter pour les 60 derniers jours de l’année ?

Polo : L’inspiration !

Alex : Que cette réussite hallucinante nous suive aux États-Unis, au Canada et bientôt à Rio.

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