Préparez vos tables tournantes : les Marmottes Aplaties débarquent en vinyle

Et on en profite pour discuter avec Félix Tanguay de sa passion marmotte

Elles nous ont quittés en 2004, mais en fin de semaine, les Marmottes Aplaties effectuent un retour. Ou plutôt 33 tours (oui, on est en paix avec ce jeu de mots), puisque les trois albums du mythique groupe punk (1001 chansons pour agrémenter vos repas [1996], Épisode sanglant [1999] et Décadents [2002]) ont été remastérisé et débarquent dans leurs habits de vinyle juste à temps pour le Record Store Day.

Les tables tournantes de la province en frétillent déjà de plaisir, en particulier celle de Félix Tanguay (Les Pieds dans la marge, VR en déroute) qui, un jour, s’est retrouvé à vivre un rêve éveillé en compagnie du trio.

On m’a soufflé à l’oreille que tu étais un fan, un vrai! Est-ce qu’on a été bien informé?!

Ça fait plus de 15 ans que j’écoute les Marmottes! Je ne dirais pas que je suis un fan de la première heure, parce que j’ai embarqué un peu après la sortie du premier album, mais je ne les ai pas lâchés par la suite, ou presque. D’ailleurs, depuis que je sais que les trois albums sortent en vinyle, j’ai replongé là-dedans. Je ne me souvenais plus à quel point ils étaient jeunes! Il y a une sorte de naïveté dans ce que les Marmottes faisaient, quelque chose qui sonnait un peu comme… un démo? Je dis ça, mais pour moi c’est positif.

Te souviens-tu du moment où tu as entendu les Marmottes pour la première fois?

En écoutant des tounes pour l’émission, je suis tombé sur eux : j’étais sur le cul. 

J’habitais Toronto, je travaillais déjà en télé à l’époque pour Volt, une quotidienne sur TFO où on devait passer des clips chaque jour. En écoutant des tounes pour l’émission, je suis tombé sur eux : j’étais sur le cul. Côté musical ça me parlait tellement, moi qui suivais pas mal la scène punk. C’était la première proposition musicale en français qui me faisait réellement triper! Malheureusement, ils n’ont pas eu une carrière très longue. Heureusement, ce n’est pas parce que le chanteur est mort!

À partir de là, tu es parti en mission!

Leurs clips étaient très DIY, mais vraiment bien faits. Disons que je ne me suis pas gêné pour les diffuser sur nos ondes, leurs clips revenaient pas mal plus souvent que les autres! Mais il y a une autre raison pour laquelle j’ai tant accroché. Pour l’émission, on essayait toujours de nouvelles affaires, on réfléchissait beaucoup à ce qu’on pouvait proposer de différent, « think outside the box » comme on dit! Et on avait peu de moyens. Les Marmottes réussissaient à faire des trucs cool avec pas un sou, avec les moyens du bord. Au début des années 2000, pour moi c’était une révélation.

Et une révélation en show aussi…

Mets-en! Quand tu les voyais sur scène, c’étaient des bêtes! Et c’était un mélange inusité de punk et d’ironie pré-Trois Accords. Sur scène ils arrivaient en smokings en ne se prenant pas trop au sérieux. Je me souviens que Bruno kickait le pied de micro à la fin de chaque chanson et un technicien venait systématiquement le ramasser. On se disait qu’ils étaient trop pauvres pour saccager leurs chambres d’hôtel comme tout bon band cliché qui se respecte, alors ils se rabattaient sur ce qu’ils avaient les moyens de détruire!

Et finalement, tu as trouvé une manière de les rencontrer…

C’était complètement inattendu! Quand on a commencé Les Pieds dans la marge, dès le premier meeting j’ai demandé aux gars si on pouvait enregistrer la chanson thème avec un vrai band et je me suis un peu arrangé pour que ça tombe dans ma cour! Par la suite, j’ai contacté Bruno (Lamoureux, guitariste des Marmottes), mais davantage pour profiter de ses talents d’auteur-compositeur-interprète que pour faire revivre le band.

Quand tu les voyais sur scène, c’étaient des bêtes!

Il a travaillé les maquettes tout seul, mais quand est venu le temps d’entrer en studio, je lui ai dit : ok, mais là as-tu des gens avec qui tu vas pouvoir enregistrer? Il m’a répondu avec désinvolture : ben oui, je vais demander à Martin (Lussier, autre membre fondateur) et Sébastien (Goyette). C’est là que j’ai compris que j’allais assister à la réunion des Marmottes. Je capotais! Tu m’aurais dit : cet après-midi tu vas travailler avec U2, ça m’aurait fait moins triper.

La magie a opéré?

C’était parfait, exactement ce qu’on voulait. Quand ils ont commencé la chanson en criant « 1-2-3-3 » je savais que ça fonctionnait. Ça rentrait au poste, mais c’était comique. On avait ce que ça prenait pour ouvrir l’émission.

On peut entendre un aperçu du résultat ici 

Les gens ne remarquaient pas nécessairement que c’était les Marmottes Aplaties, mais on se faisait souvent dire : « elle est cool votre toune de début! Ça ne ressemble pas à ce qu’on entend habituellement à la télé. » Et moi j’aimais bien en profiter pour raconter l’anecdote! On était vraiment fiers de notre coup. En plus, les images du générique d’ouverture qui accompagnaient la chanson étaient de Patrick Boivin de Phylactère Cola. Ça punchait pas mal. 

En tout cas, je me suis acheté une table tournante il y a quelques années. Ces trois albums en vinyle s’en vont directement dans ma collection!

Comme nous, Félix. Comme nous.

Les trois rééditions vinyles seront accompagnées notamment de l’album digital Difficultés techniques, série de vieux morceaux inédits. YEAH!

Les Marmottes Aplaties seront aussi au Rockfest de Montebello en juin.

On les écoute ici.

On les suit là.

Et on achète les trois vinyles chez un disquaire samedi!

 

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