Marc-André Thibault

Primeur vidéoclip : Les départs en retard de Mélanie Venditti

Incursion dans une mise en abime.

Depuis 2016, Mélanie Venditti lâchait sa musique au compte-goutte à coup de singles, avant de finalement lancer un véritable projet en février 2017, son EP sans titre. L’artiste, qui a troqué les instruments classiques de son passé pour un son beaucoup plus rock, sortira en 2019 un premier album complet, Épitaphes, qui sera dévoilé au cours de l’année.

D’ici là, celle qui se décrit comme une « tornade frêle » sort en primeur aujourd’hui sur notre plateforme le vidéoclip de son plus récent titre Les départs en retard. Réalisée par Cassandre Emmanuel, la vidéo nous plonge dans une mise en abime qui confond l’oeil du spectateur entre le rêve et la réalité. Curieux de sa démarche, nous nous sommes entretenus avec la musicienne pour comprendre la démarche derrière son clip ainsi que ses habitudes de création.

Il y a une bonne dose d’absurde dans le clip. Quel est ton rapport à l’absurde, dans la vie en général et dans l’art plus précisément?

En fait, je suis pas du tout absurde comme personne. Parfois, je pense que je suis un peu « asperger » parce que j’ai de la difficulté à déceler le sarcasme et l’ironie. C’est un peu pareil avec « l’absurde », je comprends pas trop quand ce l’est ou pas. Il y a des choses rationnelles dans la vie de tous les jours qui me semblent beaucoup plus « absurdes » que « l’absurde » en Art.

L’idée du clip vient de Cassandre Émanuel, la réalisatrice. C’est avant tout son interprétation de ma chanson. Les éléments incongrus dans le clip évoquent plus le rêve que l’absurde je trouve. Mais bon, à chacun son interprétation !

Qu’est-ce qui t’a séduite dans le concept du clip? As-tu participé à l’idéation ou tu t’es plutôt laissée porter par la proposition?

« Les couplets se veulent amoureux, les refrains quant à eux se veulent passionnels. » 

Je me suis laissée totalement porter par la proposition de Cassandre. L’idée qu’un plan se plonge en insertion dans le même plan à travers un objet (genre de mise en abîme) me semblait vraiment intéressante. Dans la chanson, il y a un petit champ lexical sur revenir, recommencer, se revoir etc … Le concept fittait vraiment avec la chanson au final.

Il y a une certaine paix, voire de la sérénité qui se dégage de Les départs en retard. Ça tranche avec la présence assez marquée de la guitare/batterie. Quelle était ton intention en composant la chanson?

Les couplets se veulent amoureux, les refrains quant à eux se veulent passionnels avec un caractère sexuel, d’où les contrastes doux/rock dans la chanson. J’écoutais Je t’aime moi non plus de Gainsbourg et j’avais envie de composer des paroles comme lui avec le double-sens du mot « venir ». L’essence de ma chanson est positive, c’est la première fois que je me sentais capable d’écrire une toune amoureuse « up la vie ». Ça m’a fait tellement de bien. Mon album (qui n’est pas encore sorti) est très dense, introspectif, et plutôt triste, car je vivais le deuil de ma mère décédée, et celui d’un amour à sens unique. Là j’avais envie de sortir de quoi de joyeux, maintenant que je vais mieux.

Les départs en retard, c’est un clin d’oeil à tous ceux qui courent pour arriver à l’heure après s’être un peu trop éternisés au lit, soit lors de longs ébats amoureux ou de rêves érotiques qui ne nous donnent pas envie de nous réveiller.

D’ailleurs, très concrètement, ton environnement idéal pour composer ça ressemble à quoi?

« Si je ne vis rien, j’écris rien. »

Ma chambre avec deux immenses fenêtres. Tout doit être rangé autour de moi, car j’ai besoin de beaucoup d’espace mental pour composer et si j’ai trop de choses à faire ou si c’est le désordre dans mon appart je vais trop y penser et la créativité prend le bord dans ce temps-là. Les idées premières par contre, ça se pêche souvent dans la vie de tous les jours, en marchant, en faisant du vélo … Si je ne vis rien, j’écris rien. Aussi, l’environnement de la ville ou l’environnement de la nature influencent ma façon d’écrire alors ça fait du bien des fois de se faire des petits séjours en dehors de Montréal pour aller s’inspirer et vivre des trucs. Les départs en retard, c’est clairement écrit en ville par exemple.

Qu’est-ce qui t’allume musicalement ces jours-ci?

Ben j’ai découvert récemment le dernier album de Connan Mockasin, Jassbusters. J’trippe ben raide. Ça sonne tellement bien. J’ai bien aimé le dernier mini-album de Nils Frahm qu’il a sorti en janvier dernier. Je redécouvre en ce moment Feu! Chatterton, les textes sont juste fous!

Mais ce qui m’inspire le plus en ce moment, ce sont les musiciens qui gravitent autour de moi. Ça me motive à devenir meilleure. Je veux exploiter plus mon côté multi-instrumentiste dans mon propre show. J’accompagne des artistes avec mon violon alto, mon thérémine et des pédales, mais quand je fais mes shows à moi, je joue juste de la guitare. Je veux finir par exploiter tout ça. Je rêve aussi un jour de faire un album uniquement instrumental. Je viens quand même de la musique classique et j’en écoute beaucoup, ce serait naturel pour moi de revenir à la « source ».

Pour suivre Mélanie Venditti, c’est ici.

Pour écouter sa musique, c’est là.

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