Bruno Guérin

Primeur vidéoclip : Zen Bamboo présente « La mort »

On a rencontré le groupe pour leur parler de labels, d'étiquettes et de leur nouveau clip.

L’entrevue devait se dérouler à la patinoire du 1000 de la Gauchetière où Simon aiguisait des patins jusqu’à tout récemment. Puis, devant l’échec de notre plan A pour cause de changement d’emploi, on avait pensé à l’atelier de cages à pénis où Léo « oeuvre » (on a jamais su ce qu’il y faisait exactement).

Finalement, on s’est retrouvé au Parc Laurier (parce que « les gars aiment la nature » nous a-t-on dit) dans l’aire de jeu réservée aux enfants de 6 à 12 ans.

Entrevue avec Zen Bamboo, qui au contraire, joue déjà un peu dans la cour des grands.

Êtes-vous surpris de connaître autant de succès avec un nom de spa costaricain?

Léo – Tu sais que c’est aussi un nom d’un restaurant en Espagne, hein?!

Charles-Antoine – Ce serait une tragédie si on ne pouvait pas avoir du succès juste à cause de notre nom!

Simon – On s’était donné au départ comme mission d’avoir un nom avec un Z et que ce soit bilingue. C’était nos deux considérations de départ! On s’est rendu compte très récemment qu’à Saint-Lambert [d’où les membres du band sont originaires]  il y a un restaurant qui s’appelle le Zen Asia tout juste en face de Bamboo, un magasin de vêtement. Je crois que c’est fermé maintenant, mais comme on dit ici au Québec : toute est dans toute.

Justement, vous êtes en train d’en sortir du garage de Saint-Lambert. Signer avec un label, ça vous a fait peur au début? Est-ce une décision difficile à prendre pour un groupe qui veut rester indépendant?

Xavier – Ça l’a été oui. Et notre décision a beaucoup à voir avec là où on est rendu comme groupe et dans notre musique. Petit, je m’étais dit que jamais je ne signerais avec un label. Mais si au fond toutes les raisons pour lesquelles je veux rester indépendant sont respectées par la maison de disque [coucou Simone Records!], le statut importe peu. Mais c’est vrai que je croyais que quand tu signes avec une maison de disque, tu te fais contrôler, tu deviens un sell out.

S – Il y a toute une mythologie autour de ça! On avait un peu en tête le monologue sur « The Man » de Jack Black dans School of Rock!

X – Et on a pas signé avec Universal  non plus! Ça ne change rien au message, à la base on est et on reste indie.

L – C’est ça! Créativement ça n’a rien changé… 

S – …on peut insulter qui on veut, on autoproduit notre musique et nos clips. L’idée d’être indépendant en apparence c’est romantique. Ce qui est important pour nous c’est de l’être dans les faits. On a l’impression qu’on a conservé l’intégrité… de notre intégrité!

À la sortie du Volume 2, Le Devoir a parlé de vous comme un band qui fait de la musique engagée. Êtes-vous à l’aise avec les étiquettes en général et celle-là en particulier?

CAO – Cette étiquette-là ne me dérange absolument pas.

X – Celle-là en particulier? Non.

S – Il y a une espèce de nervosité par rapport de ce terme-là. J’entends souvent « ah je la sentais trop engagée cette toune-là, j’ai enlevé telle affaire… ». Je ne comprends pas pourquoi on est aussi frileux par rapport à ça. On dirait qu’on associe le mot à une chanson dont le texte est habité par un message politique didactique, mais c’est beaucoup plus large que ça. En anglais, on dit « to engage », pour moi c’est davantage l’idée de prendre en considération la communauté dans laquelle ta chanson vit et d’essayer de connecter avec elle. Richard Desjardins a fait un paquet de chansons engagées qui ne sont pas explicitement politiques. En ce sens, je suis fier que les gens, potentiellement, disent ça de notre musique. Il n’y a rien d’épeurant là-dedans.

Sinon, je trouve que les étiquettes en général… en fait tout le jargon théorique musical dans le journalisme sur la pop – et je suis conscient que c’est un peu trou de cul de dire ça – est à refaire.

En même temps, ça peut donner un point de repère…

S – Ces étiquettes-là sont utiles entre le moment où la personne entend parler d’une chanson et celui où elle l’écoute. Mais cet espace-là n’existe plus en 2018. Tu entends parler de la toune sur internet et tu peux tout de suite aller l’écouter, te faire ta propre idée. Parce que veux, veux pas, mettre des mots sur des sons c’est une expérience de synesthésie extrêmement compliquée et ça perd toute son utilité dès que tu peux entendre la chanson.

 

X – Ça dépend du type de groupe aussi. Disons un groupe de métal, c’est quand même pointu comme type de musique. Mais nous, on a commencé à faire de la musique ensemble parce qu’on allait à la même école secondaire, qu’on habitait proche et qu’on était des amis. On a des intérêts musicaux différents alors ce qu’on fait n’est pas lié à un style précis. Jamais on a réussi à mettre un nom à ce qu’on fait. Quoi que, c’est pas tout à fait vrai : au début on disait qu’on faisait du néo-acide-franco-rock! (rire généralisé à la table à pique-nique)

   

On dirait que c’est un peu moins assumé aujourd’hui!!

X- C’est certain qu’au début, quand le monde ne nous connaissait pas et qu’on avait rien enregistré, c’était là qu’on se faisait plus poser la question!

CAO – Quand on y repense… c’était horrible comme étiquette!!  

Nous en sommes bientôt au volume 3. Il y aura par la suite un volume 4 et la sortie d’un album formé des quatre volumes. Pourquoi avoir voulu fonctionner en quatre étapes?

S – Au départ, c’était un peu égocentrique et stupide. Je vais être obligé de prononcer cette phrase que je déteste, on se disait : « nous, on va faire les choses différemment ». Quel egotrip stupide!

L – Mais ça nous tentait aussi de le faire comme ça!

S – On fait tous la même chose : composer des tounes, les enregistrer, les release et faire des spectacles. Après ça, jouer sur les technicalités ça relève du marketing! Finalement le processus nous plaît parce qu’on est constamment en train de retourner en studio, de gosser des chansons, on baigne toujours dans la création. On a espoir que d’ici la fin du processus, on soit rendus des vétérans, qu’en un an on soit rendu des professionnels! Mais pour le prochain, on va vouloir faire un vrai record, un tight dix tounes travaillées fort fort fort, un album dans les règles de l’art.

À quoi peut-on s’attendre pour le Volume 3?

S  Ça va s’appeler Carrière Solo. C’est mon time to shine, le moment où je vole de mes propres ailes. La plupart des chansons, c’est un peu plus qu’une seule guitare et une seule voix enregistrées live en même temps. Et en fait c’est représentatif du processus de tous les autres parce que ça commence toujours avec une guitare acoustique, du piano et de la voix. Les embryons de toutes les chansons qu’on fait, c’est toujours une chanson très « chanson » que je fais dans mon coin et après on les arrange ensemble. Ça part toujours comme de petites chansons toutes nues, qu’on a décidé de pitcher comme ça sur Volume 3.

CAO – Contrairement à d’autres chansons, celles-là sont plus aptes à être construites comme ça aussi. Elles ont un charme.

L – Aller mettre de grosses guitares fuzzées là-dessus ça aurait pu tout gâcher.

S – C’est doux doux doux comme album.

On est à quelques lignes du clip, qui marque aussi la sortie du single du Volume 3, mais j’aimerais ça savoir comment vous le décririez.

CAO – On a tourné avec une Panasonic 2008, style caméra cégep. C’est vraiment homemade et c’est assumé!

S – C’est un peu comme en dessous de la table : on y trouve de la slush, de la bouette, des végétaux, de la putréfaction. On parle d’un clip 4 saisons. Y’a des moments à la fois de très grande joie et de profonde mélancolie. C’est à la fois euphorique et anéanti.

CAO – C’est nostalgique, il y a des photos de notre voyage en camping en 2014

L – On mange des patates frites aussi!

S – Comme tu peux voir, c’est une montagne russe émotive. Une métaphore de la vie. Oh! Et on fait un tour de char un moment donné. We’re takin’ you for a ride.

L – Buckle up people!

Le lancement du Volume 3 – Carrière Solo aura lieu le  jeudi 19 avril au Pub West Shefford et Vinyle Chope sur Mont-Royal en formule 5 à 7 Gratuit, 18+. Plus d’info par ici

Le EP sera disponible dès le 13 avril.

On suit Zen Bamboo ici

Ou sur leur site 

Pour les visuels, c’est ici

Et on écoute le clip de leur nouveau single La mort juste là :

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