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Quand du confinement nait une amitié : partie 1

Claudia Bouvette questionne sa nouvelle amie virtuelle, Emma Beko.

Après six semaines de confinement, les apéros Zoom et les multiples facetimes entre amis font maintenant partie du quotidien de plusieurs personnes. Les artistes Claudia Bouvette et Emma Beko n’y échappent pas. À travers ce confinement, elles ont toutefois développé une amitié virtuelle qui se poursuivra dans le réel une fois les interdictions de rassemblement levées.

Les deux auteures-compositrices-interprètes nous invitent dans leur toute première conversation vidéo, où elles se sont mutuellement posé des questions. Elles ont aussi participé à un shooting photo virtuel avec le photographe Villedepluie pour illustrer leur réalité confinée.

C’est Claudia qui lance le bal en interviewant sa nouvelle amie Emma.

Comment a pu se développer, selon toi, une si belle amitié, malgré la distance et le confinement?

 Je ne me rappelle même pas pourquoi on s’est parlé pour la première fois sur Instagram. Je pense qu’on était faites pour être amies, dans le «vrai monde». Ça s’est fait en confinement, probablement parce qu’on avait le temps, mais aussi parce que nos nouvelles habitudes d’isolement font en sorte qu’on est beaucoup moins stimulées par la vie extérieure. Je nous sens donc plus sensibles et conscientes.

Étant dans un moment d’incertitude, on s’est écoutées, et on est devenues un support moral l’une pour l’autre. Rapidement, j’ai ressenti une proximité et un accès sincère à ta propre réalité. Facetimer sur le bol de toilette, ça prête à la confidence!

Parlons de musique

Comment est entrée la musique dans ta vie?

 J’ai grandi avec des parents qui écoutaient beaucoup de musique dans la maison. J’ai toujours aimé les divertir et performer devant eux. Ma mère était danseuse donc je la suivais dans ses spectacles et j’aimais beaucoup être backstage. Évoluer dans un environnement artistique a clairement eu une incidence sur mes ambitions d’aujourd’hui. Je ne me vois pas faire autre chose de ma vie. Je m’intéresse à plein d’affaires, mais c’est la musique qui me sauve. C’est là-dedans que j’arrive à tout évacuer le méchant.

Crédit: Villedepluie

Qu’est-ce qui t’inspire quand tu écris?

 Je suis vraiment inspirée par les trucs plus « dark ». Quand j’ai les blues, quand je me sens « down », quand j’ai de la peine. Des fois, c’est challengeant parce que je suis quelqu’un de nature heureuse et bubbly. Mais, je souffre d’anxiété depuis que je suis adolescente et ça se manifeste souvent par des craintes existentielles du genre; peur de mourir, peur des avions, peur du réchauffement climatique. Quand y’a des orages, des tornades, des tsunamis, je badtrippe. Je ne peux pas m’imaginer c’est quoi d’être un ado aujourd’hui avec les réseaux sociaux. Je pense à eux; tu ouvres ton Instagram et tu es bombardée d’information anxiogène (tueries dans les écoles, les guerres dans le monde, la planète qui ne va pas bien) c’est terrifiant. Je me sens connectée avec les ados parce que j’ai l’impression que beaucoup de mes problèmes viennent de cette époque-là de ma vie. Dans mes textes, je leur parle beaucoup en m’adressant à l’ado que j’étais.

Qu’est-ce qui te manque le plus de l’avant COVID-19?

Ma sœur. Elle a 4 ans et elle n’habite vraiment pas loin d’où je suis, mais elle est avec sa mère et sa grand-mère, donc on doit vraiment prendre ça au sérieux et respecter le confinement pour ne pas mettre sa grand-maman en danger.  Ça fait 2 mois que je ne l’ai pas vue et c’est mon humain préféré de la terre.

Crédit Villedepluie

Comment cette situation affecte-t-elle ta créativité?

C’est similaire, sauf qu’on dirait que je relaxe moins qu’avant. Je me mets beaucoup de pression pour rentabiliser mon temps puisqu’on a juste ça à faire; avoir du temps! Je veux être méga productive, sauf que je dois me permettre de « chill out », d’écouter un film et de lire un livre.

Je te dirais que la seule chose différente dans ma vie c’est le fait d’être « restreinte » et de devoir utiliser ma créativité pour faire vivre mes projets. Ça me stimule beaucoup.

Est-ce que tu es plus quelqu’un qui travaille en équipe ou qui est un loup solitaire dans ta démarche créative?

Je pense que je suis plus un loup solitaire. Mon producer et moi on va créer des beats ensemble, mais par la suite j’ai besoin d’être seule pour écrire mes textes. Cela dit, j’adore travailler avec d’autre monde. J’ai eu quelques amis qui ont fait des featurings sur mon prochain album et je suis vraiment contente du résultat. Les artistes que j’ai choisis ont leur place parce que c’était juste vraiment logique.

J’aime aussi beaucoup écrire pour les autres parce que ça me sort de mon monde et j’aime avoir un « détachement » et pouvoir explorer des endroits où je n’aurais pas eu le réflexe d’aller. J’ai aussi mon groupe de musique « Heartstreets » donc évidemment, je dois travailler en équipe et j’adore ça! Ma partenaire Gab et moi on a une complicité unique.

En rafale

Si tu devais manger un aliment pour le restant de tes jours, ça serait quoi?

 Le fromage.

Qu’est-ce que tu trouves cool chez moi? Lol XD.

J’admire les personnes comme ça, tu es 100%  toi-même.  Je trouve ça inspirant que tu fasses de la musique professionnellement. T’as l’air de quelqu’un qui aime rire. Souvent, je ris à voix haute quand je regarde tes stories, j’aime ton sens de l’humour. On semble avoir le même. C’est ce qui m’a attiré. 

Les deux ont fait de l’acné d’adulte. Comment tu deal avec ça? 

C’est fou comment tu prends pour acquis le fait d’avoir une belle peau quand t’as jamais eu de problème d’acné. Je me souviens que quand j’étais plus jeune, je ne faisais pas du tout attention. Je ne nettoyais pas mon visage correctement, je pouvais manger n’importe quoi. J’ai commencé à faire de l’acné à 24 ans et en ce moment, pour la première fois depuis quatre ans, ma peau est belle.

J’ai été voir un dermatologue qui m’a prescrit toutes sortes de médicaments pour essayer de balancer mes hormones, etc. sauf que je trouvais ça trop intense d’imposer à mon corps un traitement aussi abrasif. Quand j’ai compris que c’était mon organisme qui m’envoyait un message clair que quelque chose se passait en dedans de moi, j’ai décidé d’arrêter de m’en faire avec ça et j’ai donné le temps à mon corps de se guérir par lui-même.

C’était difficile de ne pas avoir de problème d’estime quand littéralement je n’étais pas bien dans ma peau et que j’avais mal au visage. Maintenant qu’elle est plus ou moins guérie, je me trouver belle et j’aime mes cicatrices! C’est badass!

C’est quoi ton mot préféré?

Blue. C’est une couleur puissante et calmante en même temps. Elle me réconforte. J’ai toujours aimé la musique blues. J’aime le sentiment d’être dans un blues, une peine, une nostalgie. J’aime les mots à quatre lettres. Blue, c’est moi.

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