Retrouver espoir en la vie avec Deafheaven

Un nouveau candidat surprise au titre d'album de l'année !

La formation hipstercore américaine Deafheaven a sorti un nouvel album. Pour être bien honnête, j’avais jamais porté une attention particulière au groupe, Sunbather y compris, avant d’écouter 19 fois leur dernier album Ordinary Human Corrupt Love cette semaine. La troupe, leadée par le chanteur George Clarke, dit maintenant faire du blackgaze, union des styles black métal et shoegaze, alors qu’un ami à moi a défini l’esthétique du groupe comme ”Coldplay, mais que Chris Martin aurait été mordu par un orque”. Les deux se valent, à mon avis.

Ça va paraître étrange aux non-métalleux de ce monde, mais le quatrième opus du band est un album extrêmement lumineux, rempli d’espoir et de petites touches d’une beauté transcendante qui redonne le goût d’aimer le monde. Je ne dirais peut-être pas jusqu’à apprécier Trump, mais de se réconcilier un peu avec les gens quand même. À ma première écoute, j’ai pleuré durant You Without End, no jokes. C’est une belle chanson honnêtement! Même la dernière, Worthless Animal, sonne super douce et pleine de soleil jusqu’à ce que tu lise les paroles. ”I bury a blade between its ribs, Bear hug the soft canine frame, Then smear ash, Then smear the ash on its brow”, ça fesse correct comme couplet. Mais l’avantage principal de Deafheaven, c’est que tu ne comprends jamais aucune calice de parole, donc ça compte pas.

Et dans un sens, Ordinary Human Corrupt Love est un album très accessible. Pour vrai, si on enlève le fait que le chanteur a l’air de manger des tessons de verre pour déjeuner tous les matins et les 28 pédales de drums, Glint est dad-rock à l’os, niveaux arrangements pis progressions harmoniques. Canary Yellow reste aussi une maudite bonne chanson indie-rock/pop-punk au niveau des riffs! En fait, la plupart des chansons sont loin de nous dépayser totalement. En soit, le reste du band est souvent bien confortable dans son écriture, mais c’est le patchwork inédit des genres qui rend l’ensemble si cohérent et original à la fois. À leur plus calme, Deafheaven nous rappelle la formation américaine slowcore Low (Night People, magnifique) et à leur plus intense, ben ils sonnent comme… Deafheaven là. Difficile d’établir un parallèle tant la formation s’est créée un créneau personnalisé durant les dernières années.

Faque tout ça pour dire que c’est pas surprenant que l’agrégateur Metacritic, qui recense les notes données par plusieurs médias d’envergure, lui témoigne d’une cote moyenne de 88%, ce qui en fait le 8e meilleur album de 2018 selon la critique américaine et internationale. Personnellement, ça fait longtemps que je n’avais pas été aussi flaburgasté par l’originalité et l’émotion d’un album comme ça. Faque je vous recommande de ne pas manquer le bateau, et si jamais l’envie vous passait d’aller vous faire arracher la face et crever les tympans, le groupe sera en spectacle au Théâtre Fairmount le 26 juillet prochain!

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