Quand la science-fiction s’invite dans les vidéoclips

Parce qu'on est en 2058.

Ça y est, Grimes, la célèbre artiste pluridisciplinaire qui a été Montréalaise pendant deux semaines nous en remet plein la vue. Un nouveau vidéoclip (réalisé par son frère, Mac) pour son single We Appreciate Power vient de sortir et est tout à fait en phase avec l’esthétique sci-fi à laquelle elle nous a habitués.  Allez voir sa chaîne Youtube. Claire Boucher ne rate jamais une occasion de nous rappeler qu’elle se fait transfuser des animés japonais direct dans les veines ou qu’elle adore les sagas littéraire mettant en vedette des gros vers dans le désert. Même au sommet de la gloire, Grimes a toujours eu ce côté geek un peu excentrique, mais c’est loin d’être la seule artiste qui nous fait voyager dans le futur.

CHARLI XCX

En 2015, Charli XCX nous servait de la grosse dystopie realness qui aurait facilement pu devenir le scénario d’un épisode de la série Black Mirror. Réalisé par Eric Wareheim, le vidéo commence tout en couleurs comme le ferait n’importe quel clip de pop bonbon, mais vire littéralement au cauchemar avant même d’avoir eu le temps de dire « Où est-ce que j’ai mis mon chargeur? »

Oneohtrix Point Never

Quand on s’appelle Oneohtrix Point Never (ou Daniel Lopatin pour les intimes) et qu’on a comme ami le réalisateur/artiste conceptuel/vraiment bon avec la technologie/Montréalais born and raised Jon Rafman, on peut vraiment lâcher son fou sur des vidéoclips sci-fi assez méta merci. Sticky Drama verse à la fois dans le fantastique, l’esthétique D.I.Y (allo les Tamagotchis) et la thématique de l’imaginaire adolescent. Le tout a l’air d’avoir couté 500 piasses (incluant l’achat de BEAUCOUP de papier d’aluminium et une visite en règle au Village des Valeurs) mais ça marche. On attend d’ailleurs impatiemment que Netflix en fasse une série lourde.

Beastie Boys – Intergalactic

C’est certain que quand ta toune s’appelle Intergalactic, la table est mise pour que son vidéoclip soit dans la science-fiction jusqu’au cou. Les Beastie Boys ont bien compris ça en réalisant eux même un des grands classique de l’âge d’or de MTV (ou de Musique Plus, pour celleux qui aiment ça local).  Avec un robot et un poulpe géant qui s’affrontent dans un décor en carton pâte, le clip va certainement vous donner le goût de demander : “Godziquoi?”

LCD Soundsystem – Home

On vous le jure : Notre chroniqueur a versé une larme en réécoutant pour la énième fois ce vidéoclip signé Rick Darges et Mark Harm. La chansons de LCD Soundsystem était déjà un club banger assez sentimental merci, mais voilà qu’une version moderne de l’histoire de Pinocchio vient donner un souffle nouveau à la pièce. Encore une fois, on est pas trop loin de l’approche D.I.Y (on soupçonne fortement tous les êtres humains nés après 1979 de juste pu avoir assez de cash pour envisager une sci-fi qui n’est pas parodique) mais rarement notre coeur aura autant fondu pour un morceau de tôle avec des tuyaux de sécheuse.

Daft Punk – One more time

Avec une vidéographie entièrement faite de décors futuristes et d’animés japonais interstellaires, on soupçonne fortement que Daft Punk est encore plus sci-fi que Georges Lucas lui-même. On est prêt à y gager nos sabres laser.

Janelle Monàe – PYNK

Parlant de Georges Lucas, on sent que Janelle Monàe lui adresse un clin d’oeil plein d’affection dans l’oeuvre monumentale qu’elle a élaboré pour son dernier album, Dirty Computer. L’opus est doublé d’un film complet à fortes tendances science-fictionnelles, également prétexte à des réflexions d’ordre politiques et sociales. L’actrice et musicienne chante son féminisme avec une touche toute personnelle, empreinte de ballades en voitures volantes.

Fever Ray – To the Moon and Back

Fever Ray fait également partie de ces artistes ambitieux qui utilisent les codes de la science-fiction pour porter leur musique encore plus loin. Dans le fantasmagorique clip To The Moon And Back, on est pas très loin de Frankenstein. Le film de Martin Falck se fait toutefois unique en déroutant les attentes. Ici, l’objectification d’un être vivant est prétexte au fantasme. L’oeuvre est hautement sexuelle, mais toujours dans un angle complètement inattendu. De quoi vous faire faire des wet dreams fluorescents.

Pierre Lapointe vs Shania Twain

Pierre Lapointe et Shania Twain, faut qu’on se parle. En fait non, il faut que VOUS vous parliez, autour d’un bon popcorn, en écoutant ce qui semble être votre film fétiche à vous deux, TRON. Qu’une icône de la country pop et qu’un dandy de la chanson aient presque simultanément l’idée de faire un vidéoclip futuriste où on les voit rider une moto en CGI la majorité du temps, ÇA, ça relève de la science-fiction.

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