Sainte-Foy, ou quand les artistes mettent leur ville sur la carte

Ça prend pas un cours de géo pour connaître les villes du rock.

«Si j’avais les ailes d’un ange, je partirais pour ______ »! C’est le genre de chanson inoubliable qui a marqué au fer rouge la carrière de Robert Charlebois …et nos playlists de la Saint-Jean.

«_____, Rock City!» est l’un des hymnes les plus notoires de Kiss. Ça donne envie de partir en road trip comme quatre dudes qui n’aiment pas le disco.

Est-ce qu’on s’entend pour dire que, depuis que la musique populaire existe, le «territoire» est une thématique qui revient sans arrêt? Du New York de Frank Sinatra à celui de Jay-Z, parler de sa ville n’est jamais passé mode. Voici quatre villes qui ont beaucoup fait chanter d’elles et une cinquième qui s’apprête à devenir le hot spot de l’été 2019. 

 

Sainte-Foy

«Sainte-Foy-Caca» disait mon amie, résidente de Sainte-Foy, sûrement parce qu’à 7 minutes de chez elle, le Place Laurier succédait à la Place Sainte-Foy avec le prosaïsme du Montréal souterrain, mais sans sa subtilité. J’imagine que la longue ride calé sur un banc de l’autobus 800 prendra de méchantes belles couleurs avec Sainte-Foy, le deuxième album de KNLO, dont le grand dévoilement est ce vendredi. Le rappeur et ses acolytes d’Alaclair Ensemble participent à une reconfiguration de la mythologie du Rap Queb. En mettant la ville de Québec et son mythique quartier Sainte-Foy à l’avant et à l’arrière-plan de leurs morceaux, ils tissent des blasons dorés et hissent des couronnes sur des incubateurs de maudite bonne musique, longtemps sous-estimée. 

Compton

Un autre pays, un autre hood, le même tissu rap, servant à brandir d’autres armoiries. La Mecque du west-coast rap, Compton est également un berceau incontournable de sa filière gansta. «Straight Outta Compton», slogan repris à toutes les sauces, est un peu le «Québec, je me souviens» sur toutes nos plaques de char. Sauf que dans ce cas, on ne parle pas de plaques, mais bien du cœur d’une myriade de rappeurs : Eazy-E, Kendrick Lamar, Dr Dre, YG, Vince Staples, etc. Les cartes postales du hip-hop sont hors normes parce que les paysages qu’on y montre sont sans fard ni artifice. Compton n’est pas tant un endroit où la vie est facile et c’est justement ce qui donne autant de cran à ses artistes. 

Limoilou

On revient tout près de la capitale provinciale pour un tour de piste tout en langueurs et en orteils gelés. Limoilou, l’hiver, qui voudrait y être? Pourtant, au fond de la mélancolie que Safia Nolin étale partout dans ses rues enneigées, Limoilou brille d’un romantisme certain. Est-ce qu’on parle du même romantisme qui longe la Seine dans Notre-Dame de Paris, ou celle qui surplombe les landes allemandes du Jeune Werther? On ira peut-être pas jusque là, mais on s’en reparle dans 100 ans, quand des autobus bondés feront le chapelet des quartiers les plus tragiques de la ville Québec en l’honneur à l’album de Safia

San Francisco

Y’a des villes comme ça, juste vraiment, vraiment, vraiment overrated. Je ne veux pas bitcher San Francisco. Je suis certain que la ville est magnifique (et quelques uns de mes artistes préférés y résident). C’est juste qu’avec une poignée de chansons devenues beaucoup trop populaires et emblématiques, on a fait de cette ville un refrain. I Left my Heart in San Francisco, de Tony Bennett, n’est pas la pire. Scott McKenzie en a fait une autre, San Fransisco, encore plus perverse, celle-là: en plus de parler de San Fran, elle y fait l’éloge du mouvement hippie au complet… C’est peut-être juste moi qui fais son snob (et qui ai les cheveux trop courts pour y mettre une fleur).

Montréal …tropicale?

Soudainement, Montréal (la même Montréal avec des ours polaires dans ses autobus) devient une sorte de destination vacances qui se mérite un reggae un peu dub d’Ariane Moffat. La chanson est un vrai déchirement. Les mélodies d’Ariane sont toujours on point, ses textes bien sympathiques. Mais à voir le mois de juin qui ne finit déjà plus d’étirer, un printemps qui traîne beaucoup trop d’hiver en lui, j’ai peine à croire que la métropole mérite un hit d’été qui porte son nom. Une ballade sentimentale à la Charlebois?  Ça, n’importe quand. 

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