Sortie d’album – Simon Laganière un Samedi soir de semaine

Un pied dans la fantaisie, l'autre dans le rocambolesque.

Simon Laganière, le Mario Goyette des Frères Goyette, lançait mercredi soir son premier album solo, Samedi soir de semaine. On l’a attrapé quelques minutes avant d’entrer sur scène.

En Mario Goyette ou en Simon Laganière, tes chansons ont toujours un pied dans la fantaisie, dans le rocambolesque qui dépasse le simple trait d’humour. Toi, le mythe de l’artiste qui crée dans la douleur, un peu « depress », ça t’est étranger?!

Disons que « douleur », c’est peut-être un peu fort oui, mais c’est sûr que ça m’arrive d’être angoissé. Je m’impose toujours une rigueur de travail, même si je n’ai pas le goût d’écrire ou de composer, alors quand ça ne débloque pas, c’est certain que j’ai pas de fun! Sauf que je me dis qu’au pire, il va sortit un riff ou un couplet au bout de la journée.

Cet album, il a été en gestation pendant 3… [il hésite] oui, c’est ça, on a vu le lac caler 2 fois alors ça fait 3 ans! Ça aurait été impossible à supporter s’il n’y avait pas un minimum de joie dans le processus.

Ce que tu fais est proche de la fiction, du cinéma pour les oreilles en somme, où le personnage central est souvent une fripouille sympathique…

Ouais! Je tripe pas mal sur les « lovable losers », sur les univers qui ressemblent à ce que font les frères Coen. Mis à part la chanson Dolores, qui met en scène une femme, on dirait que le point de départ pour mes chansons, c’est toujours le même p’tit bum qui se met dans la marde. Tu sais quand tu penses que tu vas passer un mardi soir tranquille, mais que ça tourne mal? C’est un peu ça sur chaque toune! Un moment donné, en travaillant sur l’album on a eu un genre de fantasme de carrément faire de Samedi soir de semaine un opéra rock, mais on se disait que ça n’allait peut-être pas être ben ben vendeur! N’empêche, je suis assez certain qu’on aurait pu y arriver!

Le réalisateur en toi est toujours sur le point de faire coucou!

Il y a quand même quelque chose de tellement plus spontané dans la musique, que tu ne retrouves pas dans le cinéma, la pub ou la télé. Tu es constamment dans la créativité pure. Tsé, quand tu composes et qu’à un moment tu te dis : « Oh! On dirait que j’aurais envie d’un tambourin ici », ben tu vas chercher un tambourin et tu enregistres un tambourin. Tu n’as pas besoin d’écrire dans une demande de subvention : « J’utiliserais un tambourin dans tel et tel objectif »! Penses-tu que les gens avec qui je travaille en télé vont lire ça [regard inquiet]?! Parce que je ne veux pas dire que je n’aime pas ce que je fais comme réalisateur! C’est simplement qu’en musique, il y a une légèreté qui fait du bien.

Mais tu n’as pu t’empêcher de réaliser le premier vidéoclip, celui de Se planter un clou dans le pied!

C’est que je suis tombé sur un paquet de vieux VHS qui datent de 1988, des images irrésistibles pour un gars comme moi! Sur les cassettes, on voit une gang de gars qui sont dans un voyage de chasse et pêche, et tu comprends vite qu’ils viennent d’acheter une caméra et qu’ils ne maîtrisent pas encore tout à fait la patente. Ils font vraiment un show à la caméra, de l’excellent matériel pour ma chanson. Alors je me suis mis à assembler les images en un clip.

Ça fait un peu « Bête lumineuse » de Pierre Perrault non?

C’est en plein ça! D’ailleurs, on y fait référence dans le clip. Tsé, je me suis toujours demandé si faire du clip-documentaire ça se pouvait et quand j’ai eu fini, j’ai fait : « wow, on dirait bien que c’est ça que je viens de faire! »

Revenons à la légèreté de la musique. Tu seras avec des musiciens ce soir, mais sans ton band habituel, Les frères Goyette, avec qui tu joues depuis presque 20 ans…

[Oh boy! Un hot flash!] Tu touches à ce qui m’angoisse le plus à propos de ce soir! Je vais avoir un gros travail à faire pour meubler entre les chansons. Habituellement, je rebondis toujours sur mon frère [Laurent Laganière qui, dans la peau de Sylvain Goyette, avait toujours un gros projet de brico-réno-invention à réaliser sur scène pendant les spectacles] : entre les tounes, je lui lançais une phrase, il la prenait au bond et on rebondissait comme ça l’un sur l’autre. Mais ce soir… ben ce soir je ne l’aurais pas à côté de moi et j’avoue que ça me fait drôle… c’est un gros morceau.

Es-tu en train de me dire que tu n’as pas encore pensé à ce que tu vas faire entre les chansons?!

Ha ha! J’y ai beaucoup pensé, mais je n’ai rien trouvé encore. On va voir comment ça ira et évidemment pour les autres shows on va préparer des interventions. En même temps, en vieillissant j’ai moins le goût de jaser entre les tounes et c’est la même chose quand je vais voir moi aussi des spectacles. On verra!

On a vu et il n’y a rien à craindre, ça ira, qu’on soit un Samedi soir de semaine ou un petit mercredi de weekend.

On écoute Samedi soir de semaine de Simon Laganière ici

Et on le suit ici

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