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Stella Donnelly : une âme punk portée par une voix d’ange

L'artiste australienne s'attaque aux injustices sociales sur son dernier album.

L’artiste australienne Stella Donnelly s’est fait remarquer pour la première fois aux États-Unis avec sa pièce Boys Will Be Boys en 2017. C’était l’année où le mouvement Me Too était en plein essor et où on était finalement prêts à tendre l’oreille aux récits des victimes de violences sexuelles. Le moment était parfait pour que le public découvre Boys Will Be Boys, qui raconte le viol d’une amie de Donnelly. L’histoire était tristement d’actualité et venait mettre des mots sur les maux de plusieurs. Le morceau se retrouve sur son premier album, Beware of the Dogs, paru plus tôt en avril, accompagné de chansons qui soulignent d’autres injustices sociales, et de pièces plus personnelles.

Depuis ses débuts, on compare Stella à une autre Australienne qui a su se démarquer aux States, Courtney Barnett. La première n’a pas la sensibilité grunge de la deuxième, mais elle maitrise beaucoup mieux sa voix. Les deux femmes partagent par contre un style de songwriting sensible et emphatique.

Quiconque s’attarde moindrement aux textes de leurs chansons peut y trouver des perles. Comme le passage que Barnett chante sur Nameless, Faceless: « Men are scared that women will laugh at them. I wanna walk through the park in the dark. Women are scared that men will kill them ». Donnelly offre une critique similaire sur Old Man, la pièce qui ouvre Beware of the Dogs. « So have a chat to your friends ’cos it’s our words that will keep our daughters safe. Your personality traits don’t count if you put your dick in someone’s face. »

Dans une entrevue publiée chez Rolling Stone Magazine la semaine dernière, Stella raconte qu’elle a fait ses premiers pas en musique au sein d’un cover band. Après trois ans, elle s’est tannée de jouer les chansons des autres dans des partys de Noël où des hommes saouls se donnaient le droit de la harceler. Elle a troqué les reprises pour le tablier de bar et s’est mise à écrire ses propres chansons plus sérieusement tout en travaillant sur le side dans un pub.

Elle y mentionne aussi que son enfance a été marquée par son père, humoriste à ses heures, qui composait des chansons teintées de ses blagues. On remarque d’ailleurs cette influence assez facilement chez Donnelly, qui manie très bien le sarcasme et les tournures de phrases acides chantées avec toute la sweetness du monde.

Malgré des thèmes similaires, les 13 pièces de Beware of the Dogs sont toutes distinctes. Sur ce premier album, Donnelly se révèle à la fois être une excellente storyteller et une artiste capable d’observer et d’écouter le monde autour d’elle. C’est particulièrement frappant sur la pièce titre de l’album qui critique le racisme systémique du gouvernement australien. Sans appeler à la révolution, Stella n’a pas peur de souligner à la fois son propre privilège et de critiquer le statu quo. Une âme punk portée par une voix d’ange.

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