Survivre au temps des fêtes : des disques pour l’échange de cadeaux (suite)

Suite et fin de mon top de cadeaux à faire cette année qui se savourent par les oreilles.

Rappel : Ma liste est complètement subjective et sans ordre logique parce que l’art c’est pas un concours. Je te lance juste quelques perles sorties en 2016 dans un paquet de styles pour un peu tous les genres de natures de goûts. C’est pas non plus une rétrospective exhaustive de l’année, juste quelques coups de cœur qui ont particulièrement roulé chez nous.

Ah, oui; et la majorité de ces albums sont disponibles en vinyles.

C’est plus beau en dessous de l’arbre de Noël, je dis ça de même.

BERNARDINO FEMMINIELLI // PLAISIRS AMÉRICAINS

« Plaisirs Américains » est une agression dansante; c’est une œuvre inspirée par la nuit et la pornographie, qui veut jouer dans les plaies de l’Amérique par plaisir et qui le fait très bien. Le curieux personnage parvient toujours à transcender le poids de thèmes très sombres avec des rythmes dansants et des ambiances obsédantes. Jamais très loin d’un Gainsbarre nourri à l’électro, Femminielli couche sur des synthétiseurs qu’on dirait parfois sortis de la B.O. d’Emmanuelle, une basse groovy et un saxophone langoureux des textes souvent troublants, violents ou d’un humour très noir. Un genre de disco intellectuel et décadent et l’une des vraies grandes révélations de l’année.

À donner à : un pervers qui s’assume.

DEAD OBIES // GESAMTKUNSTWERK

Très certainement le plus grand coup de pelle dans la face de 2016, en termes de beat, l’ambitieux album live de Dead Obies se veut le cri de ralliement d’une nouvelle génération de kids. N’ayant musicalement rien à envier aux meilleurs disques de hip-hop parus de par le monde cette année, c’est un jeu sur l’idée d’œuvre totale qui à défaut de remplir toutes ses promesses conceptuelles contient une succession de refrains contagieux et une vraie démarche artistique. Pas con et un véritable défi à se sortir de la tête.

Très certainement le plus grand coup de pelle dans la face de 2016, en termes de beat.

À donner à : un ado fâché sans toujours savoir pourquoi.

LAURA SAUVAGE // EXTRAORDINORMAL

Artiste adoptée parce qu’originaire du Nouveau-Brunswick, Vivianne Roy alias Laura Sauvage s’éloigne du son qu’on connaissait à son groupe Les Hay Babies pour offrir quelque chose de nettement plus rock et délibérément grunge. C’est habité, vivant et aussi confortable que défoulant par moments, ça rappelle un peu Courtney Barnett ou même le Hole ou le Beck des bonnes années. C’est un album qui baigne dans le quotidien autant que dans l’idée 60’s de la musique à base de drogue et de saleté, pour dégager une vraie pureté et faire du bien à l’âme. Une autre solide preuve que les affaires véritablement simples et honnêtes, c’est dur à battre.

À donner à : seriously, quelqu’un de nice.

SUUNS // HOLD, STILL

Les gars de Suuns travaillent des matériaux comme la tension, la répétition, la monotonie, l’angoisse, le cynisme, le minimalisme; on s’entend que c’est moins grand public. Ils nous ont offert cette année cet album exigeant et complexe, comme une succession de paysages apocalyptiques et décharnés, allant plus loin que jamais dans le dépouillement et le côté sombre de la Force. Le mariage des structures et des sonorités rock et électro est puissant, et leur lancement à La Tulipe était certainement l’un des concerts de l’année à Montréal. À apprivoiser.

À donner à : ton ami pâle et chétif qui s’habille en noir à l’année.

KLÔ PELGAG // L’ÉTOILE THORACIQUE

L’ombre et la lumière se côtoient dans l’œuvre de Klô, et c’est plus vrai que jamais sur « L’étoile Thoracique ». Alors même que ses arrangements se font encore plus travaillés et ambitieux, les textes de la jeune femme gagnent en simplicité et en force d’évocation. Le résultat est le meilleur album pop de 2016, quelque chose d’intelligent et d’ambitieux qui nage quelque part entre l’intime et le grandiose. Un univers en soi, nourri à la poésie surréaliste du quotidien et un véritable ovni dans la musique québécoise; comme une invitation sensible à la folie et à la liberté en trois millions de couleurs. Essentiel.

Un véritable ovni dans la musique québécoise.

À donner à : n’importe qui de lourd, c’est du médicament

On se revoit bientôt; vu la direction que prennent les choses, 2017 devrait être pas mal plus punk.

Y’aurait eu dix mille autres affaires à plugger ici. J’ai volontairement pas trop insisté sur des albums que j’avais déjà présentés comme ceux de Louis-Philippe Gingras, de Paupière ou d’Olivier Bélisle, même si c’est aussi sorti cette année et que ça mérite aussi le détour. Tu peux aussi toujours te référer à cette liste de petits nouveaux à découvrir qui n’ont pas encore de vrai album, question d’être encore plus original.

En espérant que tu sauras trouver quelque chose là-dedans qui fera le bonheur de ta gang et passer à travers le temps des fêtes sans te faire mal.

On se revoit bientôt; vu la direction que prennent les choses, 2017 devrait être pas mal plus punk.

xx

Pour lire un autre texte de Jean-Philippe Tremblay: « Survivre au temps des fêtes: l’album de noël ».

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