Isabelle Langlois

Transformer un autobus en studio : Le Mixbus au Anthony’s Warped Cour

Suivez les aventures du Mixbus Studio sur la route des festivals.

J’ai passé ma fin de semaine dans la cour d’une maison de banlieue à Lévis et c’était ÉPIQUE. Si comme moi vous avez la plus grande des fascinations pour les gens qui font des open houses, l’événement de ce weekend va vous faire tomber la bouche à terre. Avec le Mixbus Studio, nous avons participé au Anthony’s Warped Cour, un mini-festival punk rock qui se déroule comme vous l’avez deviné, directement chez ledit Anthony. Ce sont 300 à 400 personnes (c’est dur à compter parce qu’il y avait peut-être 50 enfants en mouvance du jeu gonflable à la piscine) qui se sont pointées entre son patio et son cabanon le temps d’un après-midi.

 

Ledit Anthony

Jouant avec l’univers du Vans Warped Cour, l’événement se veut sa version DIY tout aussi grandiose. Une dizaine de bands offraient des versions acoustiques de leur musique, dont le groupe suédois Venerea. La formation avait joué qu’une seule fois en sol québécois lors du Rockfest de Montebello il y a quelques années et voilà que deux de ses membres se retrouvaient tête d’affiche d’un party de cour. Les fans avaient les yeux brillants pas mal. Une troisième boulette s’ajoutait à la sauce suédoise avec la présence de Geir Pedersen d’Adhesive qui se greffait à la formation Fifty Shades of Punk Rock.

La garde-robe du punk rocker classique : Fifty shades of merch noir

J’ai appris que dans le contrat, les gars avaient demandé de manger une poutine par jour, ce qui a été respecté à la frite près. Je ne sais pas ce qui était le meilleur entre les voir dévorer leur troisième poutine de la semaine du Ashton de Lévis ou la sauce brune sur mon fromage en grains. Comble de la niaiserie, Geir a même reçu un énorme gâteau poutine pour son anniversaire.

 

Est-ce que Lévis s’accordera dorénavant le brevet de l’invention du gâteau poutine afin de rentrer elle aussi dans la game du gras au Québec? À suivre.

Les bands étaient tellement mis de l’avant qu’on pouvait streamer le concert et se procurer autant de la merch classique que des cartes à collectionner des groupes. J’ai vu un kid armé d’un sharpie qui les faisait signer comme si c’était des pokémons à Gotta Catch ‘Em All. Afin d’immortaliser le weekend, chacun d’entre eux passait aussi nous voir au Mixbus pour enregistrer une chanson. People of Punk Rock Records qui présentait l’événement cette année, en sortira la compilation «I Heard They Suck Acoustic» en CDs et en vinyles. Faut le faire.

L’ambiance rappelait à mon chum de doux souvenirs de son premier contact avec le Vans Warped Tour lorsqu’il avait 14 ans. NOFX avait ouvert son show en faisant mushpitter le parc Jean-Drapeau sur leur reprise des Champs-Élysées et il avait reçu un coup de pied dans la face dès les deux premières minutes de la toune. Chez Anthony par contre, il y avait le fun punk rock sans le trash. Père de trois enfants, dont un bébé de deux semaines (no joke), il a plutôt créé le paradis des parents arborant les stretchs.

Max Brochu qui tient son bébé de 17 jours tel le plus cute des papas punk rock

Tout d’abord, le Anthony’s Warped Cour se déroulait un dimanche pénard, de midi à 20 h seulement. Les groupes se suivaient sur une petite scène juste à côté de deux trois poules et une maisonnette pour enfants. Afin de garder le climat familial, on encourageait une consommation modérée et l’utilisation de la zone fumeurs.

L’enclos à fumeurs

La fille du fameux Anthony vendait de la limonade rose à 50 cennes en arborant un t-shirt écrit : « Girl of Punk Rock ». La piscine était autant occupée par des chests beurrés de tatouages que par des cheveux verts qui décolorent un peu au chlore et des enfants qui pratiquaient à l’infini leur front flip dans l’eau.

Un échantillon de Twice on Tuesday qui se la coule douce

De la devanture de la maison, il était impossible de deviner ce qui se tramait à l’arrière. Seulement les trois toilettes sanitaires placées à l’entrée de l’allée pouvaient vendre le punch. II était même demandé de stationner sa voiture dans un parking à quelques minutes à pieds de la maison pour s’assurer de ne pas embêter le voisinage. C’était ironique de vivre l’immaturité punk rock qui mature.

 

Organisé au point d’avoir publié un plan de parking sur la page Facebook de l’événement

L’aspect le plus cool de ce gros délire demeure vraiment que tout le monde était invité. J’avais peur au début que ce soit qu’une gang qui se présentait là avec ses insides, mais non. C’était un véritable open cour à la Makes No Difference de Sum 41 (sans le char qui défonce la maison, on s’entend).

L’esprit de communauté s’appréciait par la camaraderie des groupes et des festivaliers. Je n’avais pas besoin d’arborer le look « piercing à la lèvre, skate et cheveux longs » de mon chum pour me sentir moi aussi dans le party. J’ai particulièrement apprécié l’humour taquin à la punk rock qui m’a fait bien rire. Hitch & Go a par exemple a brandé son merch « Fuck you Anthony » alors que The Matchup ont composé une chanson lui annonçant qu’ils avaient « Poop in his pool ». Pennywise serait fier.

Pour votre information, ce mini-festival était entièrement financé sous contribution volontaire et la vente de bières à 3 $ ou de hot dog à 2 $. Je ne sais pas si Anthony est rentré dans son argent, mais ça ne fait pas deux jours que l’événement s’est terminé qu’il a annoncé une édition 2020. Avec tous les efforts qu’il a mis comme hôte afin de faire vivre un gros party punk rock inoubliable et improbable, on le sait tous que quoi qu’il arrive avec sa tirelire, il le fait par passion.

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