Isabelle Langlois

Transformer un autobus en studio : Le Mixbus au FRIMAT

Suivez les aventures du Mixbus Studio sur la route des festivals.

À part me lever à midi chaque jour, ce que je préfère avec mon été à bord du Mixbus Studio c’est de découvrir de nouveaux festivals comme le FRIMAT. Même si l’organisation fêtait ses 15 ans cette année, je n’y avais jamais mis le pied et encore moins les oreilles. J’avais donc bien hâte de voir de mes propres yeux à quoi pouvait ressembler cet événement au cœur de Val-d’Or (et oui, j’ai immiscé quatre éléments du corps humain dans mon introduction).

Malgré son nom glacial, le FRIMAT se veut particulièrement chaleureux. Je l’ai senti tout de suite, comme les patates dans le papier d’aluminium, lors de la première journée qui s’ouvrait par un méchoui-poubelle gratuit. Christian, un des instigateurs de la grillade, nous a d’ailleurs expliqué les rudiments de la cuisson de corbeille en métal pour notre prochain party de famille. Je ne comprends pas encore pourquoi Marilou n’a pas encore expliqué la technique dans son magazine.

Habile trompe-l’œil signé Jacob

L’ouverture du Festival de la relève indépendante musicale en Abitibi-Témiscamingue (vous comprendrez pourquoi on dit FRIMAT) se faisait sur le terrain d’une ancienne mine devant une énorme structure d’acier. Alex Paquette et son trio reggae jouaient sur le toit du bus pendant que les organisateurs soulignaient le travail colossal des bénévoles. Justement, quelques-uns d’entre eux étaient déguisés en Vikings selon la thématique de l’édition 2019. Pourquoi en barbares scandinaves? Aucune idée.

Les esprits cartésiens de ce monde souhaiteraient une raison, mais j’ai compris que c’était juste « pour le fun ». Pour le plaisir donc, au moins une dizaine de personnes se sont promenées sous le soleil en cape de poils, on retrouvait des écritures celtiques jusque dans les toilettes et un drakkar géant habillait l’entrée de la scène principale. On donnerait le mandat de Pâques à FRIMAT et il y aurait clairement de faux Jésus cloués partout en ville.

Le meilleur moyen pour que tes festivaliers créent une file monstre aux toilettes

Les décos de squelettes de dragons attiraient l’attention comme la programmation musicale du weekend : Qualité Motel, Les Louanges, Jérôme 50, LaF ou Marie-Gold faisaient partie des têtes d’affiche. Ses artistes plus établis terminaient en beauté les soirées marquées par les vitrines abitibiennes. Ayant pour mandat de propulser les artistes de la région, le festival mettait en vedettes deux à trois bands du coin par jour et ils pouvaient remporter de prestigieux honneurs.

Par exemple, le groupe de death metal BackStabber s’est mérité une tournée, des enregistrements studio, une retraite dans un chalet et peut-être même un massage de pieds tellement il y avait du stock dans la description du prix qui leur a été décerné. Jacob et moi nous les avons enregistrés dans le Mixbus Studio, afin de chasser tous les démons qui pouvaient être dans la place.

Par ailleurs, nous avons été bien contents de recevoir d’autres musiciens du festival. Matiu a joué en mode solo sur notre plateforme lors d’une journée familiale au site anicinabe Kinawit. Puis, Laurence-Anne et sa gang ont embué les vitres de notre bolide par leur sensuelle chanson Miel. Shout out à Naomie De Lorimier, la musicienne aux synthétiseurs et à la voix qui a tout bonnement égayé la place de fleurs. Il y avait sûrement un lien à faire avec les abeilles qui pollinisent ou quelque chose comme ça. J’ai trouvé ça doux.

Laurence-Anne qui se gâte le sentage de bouquet

D’autres coups d’artistes à mentionner: je souligne la performance de Grimskunk. Même si le chanteur et guitariste était en béquilles, les gars ont brassé la foule sans relâche. J’ai vu un petit de 8 ans faire du bodysurfing comme s’il était en haute mer. Je crois que le groupe a fait 3 ou 4 rappels. On aurait cru les multiples fins du Seigneur des anneaux. Ensuite, je dois évoquer le look super blood de Rymz lors de la soirée hip-hop. Pas besoin de cocarde d’artiste quand tu arbores la tête de poupée vaudou comme collier. Le rappeur détonnait dans l’atmosphère plutôt minier-rockeur de Val-d’Or.

Une p’tite hache de Viking dans les airs en signe de gratitude à Grimskunk

À cet égard, nous avons profité du paradis de la roche pour visiter la vieille mine de la Cité de l’Or. Jacob et moi avons descendu dans les tunnels, appris sur le processus d’extraction des minerais et surtout découvert à quel point les métiers sous-terre peuvent être exigeants. Il faut des tonnes de pierres et conséquemment plusieurs litres de sueur pour obtenir seulement quelques miettes d’or. Je ne verrais plus jamais un shooter de goldshlager comme avant.

Dis donc, Jacob a bonne… mine. Hihi

C’est drôle à dire, mais le FRIMAT c’est vraiment le fun un peu pompette. Quand tu retrouves une bataille de crêpes à 2 h 22 dans une programmation, ce n’est clairement pas organisé pour le monde sobre. Les trajets d’autobus entre la grosse scène et la plus petite salle d’after se transformaient en repère de chansonniers sur la 50. Puis, le dernier exemple pour appuyer mon point serait la nomination pendant la fin de semaine du « gin-lait » comme drink officiel du festival, une décision prise par la directrice générale elle-même sous la suggestion de Jesuslesfilles.

Tout de même la preuve qu’on n’a pas besoin de boire la bière pour avoir du fun avec de la bière

J’attribue cette ambiance enivrante au besoin qu’éprouvent les gens de Val-d’Or à profiter de moments rassembleurs pour décrocher. À constater le dur labeur des métiers liés à l’exploitation minière par exemple ou juste aux efforts qui ont été injectés dans la construction de décors pour un événement de quatre jours seulement, on sent que la ville est formée de gens vraiment travaillants. Je salue le FRIMAT qui réalise depuis 15 ans un rendez-vous musical destiné indéniablement aux gens de leur communauté, par les vitrines, les activités familiales, la mobilisation de bénévoles et surtout, un maudit gros party.

Mine de rien (lol)… il est déjà temps de poursuivre notre road trip vers Widewood!

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