Une analyse super sérieuse des nominations à l’ADISQ

On décortique les nommé.e.s de l'ADISQ avec une méthode scientifique éprouvée.

Cette semaine, l’ADISQ dévoilait la liste des nommé.e.s pour son édition 2018 et évidemment, je me suis empressé d’éplucher avec excitation les noms qui se sont illustrés cette année dans l’industrie musicale québécoise.

L’ADISQ devrait être couvert comme les séries de la coupe Stanley : des musicien.ne.s déchu.e.s et des chroniqueur.euse.s culturels qui s’affrontent dans des joutes orales enlevantes, poings sur la table, renversement de café en prime, pour défendre sans vergogne leur pool de gagnant.e.s. Il y a tellement à dire sur la présente édition qu’on a failli en faire le sujet d’une thèse. On a finalement respiré un peu et pris la sobre résolution de simplement partager, dans ce billet, nos modestes observations concernant les nominations de cette année. Des questions d’intérêts scientifiques allant de « What’s up avec ça? » à « What the fuck avec ça? ».

Initiales P.B.

Si vous êtes moindrement férus de culture musicale québécoise, vous connaissez sans doute la Sainte-Trinité des Philippes. À eux seuls, ils remplissent à peu près le tiers des crédits d’album made in Québec dans la dernière décennie. Je parle ici du grand Philippe B, 1er du nom, de Philippe Brault, le magicien des arrangements et de l’iconoclaste Philippe Brach, à une lettre près d’avoir le même nom de famille qu’un grand compositeur baroque (c’est certainement pas le hasard). C’est malheureusement une TRÈS mauvaise année pour le clan des PB, le nom de Brach étant le seul apparaissant sur la liste des nominations. On aime bien l’illustre trio, mais ça suffit les boys, la mafia des Philippes a eu son heure de gloire. On peut-tu trouver deux trois autres Klô pour équilibrer?

La chouchou du Québec a encore frappé

Non, mais on l’aime-tu Guylaine Tremblay? De ses débuts dans La petite vie, à son imposante Marie dans Unité 9, en passant par son interprétation divine d’Annie (et ses hommes), ce n’est pas pour rien que la grande actrice rafle tous les prix. Au point même que cette année, elle est sélectionnée dans la catégorie Interprète féminine de l’année à l’ADISQ.

C’est quand même surprenant, mais bon, c’est possible que la voix chantante de notre actrice favorite soit assez mélodieuse pour être considérée comme de la musique.

Heuh…

…Attendez un peu là.

C’est pas Guylaine Tremblay, c’est Guylaine Tanguay.

…C’est qui Guylaine Tanguay?

Une grande déception pour Hubert Lenoir

On s’explique mal que, dans la catégorie Chanson de l’année, seule Fille de personne II du catalogue d’Hubert Lenoir ait été sélectionnée.  C’est comme si seulement la deuxième cassette de Titanic avait reçu l’Oscar du meilleur film (shout out aux personnes nées dans les années 80 qui comprennent la référence). Ou comme si seulement un des deux frères de 2Frères était en lice pour un Félix. Ou comme si on se tapait seulement Star Wars épisode 1 (eh, boboy…) pour juger de la saga. On espère que l’ADISQ se rattrapera l’année prochaine en instaurant le prix Meilleure trilogie de tounes de l’année.

Observations en rafale

1 – Hâte de voir les statuettes de Félix trôner dans diverses sacristies du Québec suite à la victoire de Mario Pelchat & les Prêtres dans la catégorie Spectacle de l’année. 

2 – Les soeurs Boulay, 2Frères, Kaïn (le frère d’Abel dans la bible (j’espère que j’ai pas vendu le punch à celles et ceux qui n’avaient pas encore lu le livre)) …il y a quelque chose de pas net qui se trame dans la catégorie Groupe ou Duo de l’année. Une psychanalyse du comité de sélection est de mise, et ça presse.

3 – Même si personne ne sait vraiment ce que ça veut dire, Adulte contemporain est toujours considéré comme un genre musical.

La cérémonie de l’ADISQ sera présentée le 28 octobre prochain à Radio-Canada. Sur ce, bonne journée et bonne anticipation de gala à tous et à toutes!

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