Hannah Fisher

URBANIA Musique x LaF : Mon premier Osheaga – Partie 3

Retour sur une fin de semaine occupée et enfumée.

Assis sur un banc du parc Jean-Drapeau, les boys de LaF savourent leur bière.

« On a chillé, on a travaillé et là on chill encore plus. »

Le groupe est présentement en train de récupérer de sa toute première visite à Osheaga. À l’ombre du soleil qui tape à 35 degrés, l’heure est maintenant au bilan de leur expérience d’abord en tant qu’artiste d’Osheaga, mais aussi comme spectateurs. Alors les gars, qu’est-ce que vous avez aimé le plus du festival?

« Sans hésitation : Anderson .Paak. Et l’entrée en feu de Travis Scott après son heure et demie de retard! C’était saisissant parce qu’on y croyait pus et pourtant il l’a tué! Il s’est vraiment approprié la scène.

Et notre show aussi évidemment : le son était bon, on a eu vraiment du plaisir, on a bien fait ça. »

Pour leur première apparition à Osheaga, le groupe avait le difficile mandat d’ouvrir la plus caniculaire journée du festival, un dimanche suffocant. Défi qu’ils ont relevé sans problème.

« C’tait cool! On est arrivé avec une bonne énergie. Le monde qui était là a vraiment aimé ça. On va se le dire : on ouvrait le festival alors c’était pas les meilleures conditions. Malgré tout, même si c’était pas la plus grosse foule on a vraiment eu du fun. Mais il faisait chaud par contre haha! »

Heureux de leur performance, les gars sourient, soulagés d’avoir survécu au weekend. Rapidement la discussion revient sur le spectacle d’Anderson .Paak.

J’abonde dans le même sens que les gars : le show du rappeur californien était aussi mon moment le plus intense du weekend. Nous l’avons d’ailleurs regardé ensemble, dans un nuage de fumée et de petits yeux. Durant le spectacle, il fallait être vigilant pour ne pas marcher sur les mâchoires des gars, qui traînaient sur le sol tellement ils étaient estomaqués par la performance.

« L’enchaînement était vraiment impeccable. Il changeait de chansons de manière super tight et tout le band le suivait. Ça roulait, c’était un spectacle super bien préparé. Il est tellement bon pour connecter avec la foule. Ça parait que son set est rodé et efficace depuis longtemps. On a vraiment pris une grosse claque. »

À voir leur admiration devant le chanteur et rappeur samedi soir, j’étais curieux de savoir à quel point sa musique avait influencé celle de LaF.

« Je sais pas à quel point Anderson .Paak influence directement notre musique. Je pense qu’il influence surtout des gens autour de lui, qui eux nous influencent. Mais je pense pas que tu peux retrouver tant que ça du Anderson .Paak en écoutant LaF.

Par contre en live, on se rapproche de son aspect « spectaculaire »,  en particulier dans les effets de scène. Arriver avec un gros sourire dans la face et capter l’attention du public. L’idée aussi du partage avec la foule : ne jamais arrêter et en donner à tout le monde pour son argent. »

Comme Anderson .Paak, les gars ont trouvé la recette pour donner tout un spectacle. Ce sont ces mises en scène et cette énergie contagieuse qui leur ont permis de vivre un été absolument incroyable. Un été formateur pour le groupe.

« En ce moment, on est en train de tourner la page sur notre premier été où on avait beaucoup de shows et où on participait à plusieurs festivals. Pour nous c’était une première expérience avec l’industrie musicale plus établie. La musique « organisée , plus grand public.

Entre tout ça on travaillait sur le EP alors c’était vraiment particulier. Et avec la sortie du EP, l’été aura été un bel enchaînement d’événements qui va bien se conclure.

Les choses déboulent rapidement, et on a eu peur que ça devienne plus gros que nous, mais on a appris à gérer cette grosse bébitte-là et la mettre dans un calendrier. Heureusement, on est dans les temps haha ».

Comme vous pouvez le voir, les gars n’ont pas chômé malgré leur saison estivale très occupée. Ils sont déjà à finaliser un nouvel EP, Hotel Delice, qui sortira en septembre.

« C’est fait majoritairement avec de vrais instruments, et moins de sampling.

Ça diffère un peu de nos productions précédentes parce que la formule a un peu changé pour nous. On a commencé à se rencontrer dans des lieux fixes pour faire de la musique ensemble. Ça nous permet d’amener des instruments, des synthétiseurs, on a même une choriste sur certaines chansons. Ça nous permet de composer « à la mitaine » et d’avoir un son plus organique. »

Malgré leur jeune carrière, les gars sont donc déjà en train d’élargir leurs horizons musicaux et de faire évoluer leur son.

« Ça reste malgré tout un son LaF, c’est-à-dire influencé par un mixte des trois expériences vocales du groupe. Mais qui devient de plus en plus maitrisé dans l’esthétique, la couleur, la qualité de l’enregistrement. »

Cette qualité d’enregistrement et la pochette de l’album, on les doit à leur cercle d’amis. Des gens qui sont importants pour eux. Les gars le disent eux-mêmes dans leurs chansons : il sont bien entourés. Et pour avoir passé le weekend avec eux, je dois avouer que je l’étais moi aussi. Chaque fois, j’avais le sentiment d’assister à une réunion de famille. Une famille qui s’est choisie et qui se complète : du plus réservé, au plus sérieux en passant par le buzzé et le bon vivant. Cette énergie qu’on retrouve dans leur musique, je la retrouvais en temps réel devant mes yeux.

« En fait, c’est cliché de le dire, mais nos chansons représentent vraiment bien ce qu’on vit, ce qui se passe autour de nous.

Nos chansons on les vit tous les jours. »

Et avec leur jeune âge, souhaitons que les gars de LaF aient encore beaucoup d’autres chansons à vivre.

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