Des découvertes musicales au Coup de Coeur Francophone pour passer à travers cette terrible semaine

Le festival Coup de Coeur Francophone, qui amène un peu de chaleur au gris mois de novembre depuis 1987, bat son plein jusqu’à dimanche dans de très nombreuses salles de concert montréalaises. Outre les grands happenings très courus de cette année (Avec Pas d’Casque, le lancement de Klô Pelgag), l’évènement, qui est connu pour proposer une programmation audacieuse, met en vedette un méchant paquet d’artistes à découvrir. Me suis dit qu’en cette semaine post-choc nerveux électoral, on pourrait bien t’en présenter quelques-uns, question que tu aies quelque chose à te mettre dans les oreilles pour garder un minimum d’espoir en l’avenir.

Ça peut pas nuire.

Choses Sauvages

Groupe difficile à étiqueter, Choses Sauvages propose depuis 2013 des EP’s et des singles qu’on pourrait qualifier de colorés. C’est un mélange toujours dansant de pop électro aux accents new-wave et disco, un assemblage éclectique et souvent imprévisible qui met du soleil dans un party. C’est en live que le groupe prend tout son sens, les musiciens changeant d’instruments au gré des chansons et livrant le tout avec une énergie peu commune et pas mal de fun. Ce soir à L’Esco.

https://chosessauvages.bandcamp.com/

La Famille Ouellette

Gagnants des Francouvertes, La Famille Ouellette c’est un peu un band formé de plusieurs Gregory Charles surdoués et hyperactifs. Pour te donner une idée du genre de tribu, disons qu’à la base ils habitent un 14 et demi dans Villeray et qu’ils ont fondé le groupe juste pour le concours, après avoir fait ensemble de la musique d’impro, de films, de pub. Les trois pièces requises ont étés écrites et enregistrées trois semaines avant la date limite, juste à temps pour l’inscription, et ils ont gagné la patente. C’est parfois un peu du Louis-Jean Cormier qui groove, des trouvailles ludiques et pas mal de plaisir. Demain à la Maison de la Culture Maisonneuve avec l’EXCELLENT band Mauves.

https://lafamilleouellette.bandcamp.com/releases

Lydia Képinski

Je viens de me rendre compte qu’on a déjà parlé de Lydia Képinski dans URBANIA et c’est un peu comique, mais allons-y encore. Auteure-compositrice-interprète, artiste visuelle et fierté d’Outremont, Lydia a pratiquement remporté tout ce qu’il y avait à ramener à la maison cette année au Festival de la Chanson de Granby. C’est beaucoup parce qu’elle a ce genre de magie d’écriture qui te fait rire jaune, te caresse, te surprend et te fait brailler en trois phrases. Ça a l’air cru des fois, mais c’est toujours brillant et sensible, porté par une voix franche et des mélodies éclatées et riches. Personnellement, elle me fait un peu peur et j’ai un kick dessus en même temps, je pense. Elle lance son EP le 22 novembre et tu vas être tanné d’en entendre parler dans un an tellement elle va être big.

https://lydiakepinski.bandcamp.com/

Gab Paquet

Eh boy comment t’expliquer ça…? Va juste écouter je pense. Disons que Gab Paquet est un crooner au troisième degré, un genre de Sébastien Tellier flamboyant nourri aux moments émotifs des Trois Accords, le frissonnement subtil d’une émotion sexuelle au cœur d’un semi sous-sol kitch en tapis shag. Son show est ce soir au Divan Orange et c’est un lancement d’album : cours.

https://gabpaquet.bandcamp.com/

Mon Doux Saigneur

Emerik St-Cyr Labbé, alias Mon Doux Saigneur, concentre sans même forcer ni faire exprès tout ce qu’il y a de vrai et de simple dans la chanson québécoise pas formatée. Il bricole un folk/blues qui groove jusqu’à déstabiliser même les plus endurcis par sa sincérité brute, et parvient à distiller de la sagesse universelle de slacker à la manière des plus grands punks tout en ayant quelque chose de franchement réconfortant. T’entends ça une fois, ça te hante, et bien vite tu trouves tout le reste cheap et t’en veux encore. Samedi 12 novembre avant l’apocalypse musicale de Violett Pi au Lion d’Or.

https://mondouxsaigneur.bandcamp.com/

Sinon le festival se termine dimanche, et outre les artistes nommés ici je t’encourage à aller voir l’autre jeune habillé tout croche à l’ADISQ, Philippe Brach, ce samedi au Club Soda et dimanche le concert gratuit d’après-midi de l’envoûtant band de Bernhari. Ou de juste t’enfoncer sans regarder derrière dans n’importe quelle salle et de découvrir quelque chose de trippant au hasard; c’est dur à battre comme feeling.

Courage. xx

Pour lire un autre texte de Jean-Philippe Tremblay: « Louis-Philippe Gingras, le tigre géant ».

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