Guide d’éthique du mosh pit metal

Vous avez décidé d’aller voir Slayer, Cannibal Corpse et Amon Amarth avec vos chums à Ottawa, le 22 mai prochain.  Excellente décision. Ce sont là trois excellents groupes live. Vous allez passer une belle soirée.

Vous vous demandez maintenant si vous devriez, au moins une fois dans votre vie, tenter votre chance dans le mosh pit. Question de dire à vos petits-enfants que vous étiez plus brutal qu’eux dans votre jeune temps.

Comment faire? Par où commencer? La soirée va-t-elle finir par une amputation de la face? Pour faire une histoire courte, non. Si vous suivez ces cinq règles d’éthique, tout devrait bien se passer. Vous devriez même avoir de beaux souvenirs à raconter à votre progéniture.

PAS DE KICKBOXING

Mettons quelque chose au clair tout de suite, il existe deux genres de mosh pits: le pit metal et le pit hardcore. Dans ce dernier, c’est très correct de lancer des coups de poing et des coups de pieds, tant que c’est dans le vide et que les contacts sont accidentels. Je sais, ça a l’air niaiseux dit de même, mais pensez à ça comme une version démo de la roulette russe.

Unmosh pit metal, quant à lui, consiste à foncer dans des corps suants et gluants un peu comme Jared Allen fonce dans Johnny Knoxville dans Jackass 3D.

Donc, pas de coups de poing, pieds, coudes ou genoux. La seule raison pour laquelle c’est acceptable d’utiliser ses coudes, c’est si vous êtes pris en sandwich entre deux géants poilus. Si ça vous arrive, levez les bras vers le ciel afin de repousser lesdits poilus, créez-vous de l’espace et allez mosher deux pieds plus loin. Les chances d’être pogné dans la même situation au cours de la soirée sont minimes.

Sinon, on s’en tient aux épaules, comme au hockey.

Ne jamais viser plus petit que soi

La première fois, ça peut être drôle de faire planer la fille de 5 pieds 2 avec des studs dans’ face, mais tenez-le-vous pour dit: c’est très mal vu. Le mosh pit est un endroit inclusif où tout le monde a le droit d’aller s’auto-détruire. Faire sortir le monde face première parce que ça vous fait LOLer de faire défier la gravité aux gens sans leur consentement, ça peut être ben drôle; mais ça se peut que le prochain, ce soit vous.

Pour éviter que ça arrive, visez la personne plus large que vous dans le pit. Anyway y’a toujours au moins 2 ou 3 gars shapés en forme de cube qui moshent à chaque show. Utilisez-les. Vous aurez beau prendre votre élan du balcon du MTelus, vous ne les ferez pas bouger d’un centimètre. Pensez à eux comme s’ils étaient des colonnes dans une maison, sauf qu’eux, ils servent à garder le pit en place. En tant que personne de format relativement large moi-même, on ne doit pas le prendre personnel. On est là pour ça.

Quoi faire si tout le monde se met à foncer sur le même dude de 6 pieds 8? Visez la deuxième plus large personne dans le pit. C’est lui, l’estie de moumoune.

Relever les camarades au sol

Celle-là, c’est la règle que j’ai apprise sur le tas à un show de TSPC au festival Polliwog, il y a des lunes. À mes premières 30 secondes à vie dans le mosh, je me retrouve face première dans le sable de l’île McCormick, à Port-Cartier. Le pit s’est immédiatement arrêté, on m’a relevé, j’ai fait l’inventaire de mes os et on a continué à se rentrer dedans comme des sauvages.

Ça fait grincer des dents plusieurs parce que c’est «pas metal» ou whatever, mais le mosh pit c’est un safe space. On a tous une job à laquelle retourner le lendemain du show, alors on est pas là pour se scrapper. Si quelqu’un tombe, prenez dix secondes pour le.la relever et vous assurer qu’il.elle va bien. Si ce n’est pas le cas, escortez-les vers la sécurité et retournez à votre océan de corps humains qui s’entrechoquent. Ça va prendre 5 minutes MAX et ça va aussi vous assurer que les autres vont le faire lorsque vous aller planter.

PARCE QUE VOUS ALLER PLANTER, JE VOUS EN PASSE UN PAPIER.

Le Wall of Death, c’est de la marde

Au meilleur de mes connaissances, le Wall of Death est une technique de moshing adoptée par le groupe Lamb of God au début des années 2000 qui consiste en: 1) séparer la salle en deux, 2) crinquer le monde ben raide et 3) créer une méga collision comme dans Braveheart(comme montré plus haut). Il va sans dire, le Wall of Death est beaucoup plus cool pour le band qui le demande que pour n’importe qui qui se trouve dedans.

Sérieux, je suis le premier à dire que vous devez mosher au moins une fois dans votre vie, mais si le band sur scène vous demande de faire un Wall of Death, c’est correct d’en profiter pour aller aux chiottes. J’en ai vécu 3 dans ma vie et ça ne sait jamais bien passé. Y’a toujours quelqu’un qui se casse quelque chose. J’y ai perdu une dent, j’ai eu des yeux au beurre noir, j’ai été pris dans un mouvement de foule et catapulté au front du Wall of Death. Ce n’est jamais une bonne idée.

Si le band que vous allez voir vous demande un Wall of Death, vous pouvez l’envoyer ouvertement chier, brûler leur merch booth, pisser sur leur van de tournée et dépenser votre temps et argent sur des artistes qui ont du respect pour votre intégrité physique.

Respecter tout le monde

Mosher, c’est peut-être brutal, mais à la fin de la journée, on est tous là pour avoir du fun. Ne soyez juste pas un trou du cul. Ne poussez personne dans le dos. Relevez les autres. Si quelqu’un perd un soulier (ça arrive quand même souvent), levez ledit soulier au ciel jusqu’à ce qu’il soit réclamé. C’est souvent très apprécié dans les moins hivernaux.

Gardez conscience que ce n’est pas tout le monde qui tripe et/ou qui a la capacité physique de faire ça. Soyez fins avec le staff aussi. J’ai été des deux côtés de la clôture et croyez-mois, les gars de la sécurité veulent juste que le monde s’amuse. Soyez fins, parce que dans un show de metal, les éléments indésirables sont éliminés aussi efficacement que dans un intestin.

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